Bordeaux

Les étudiants bordelais s’unissent contre le sexisme ordinaire

Pour la deuxième année consécutive, les étudiants de l’association "Sopsy" de Bordeaux se mobilisent pour la semaine des droits des femmes. C’est sous forme d’exposition qu’ils ont choisi de dénoncer le sexisme ordinaire.

Mercredi 11 mars, pour le dévernissage, ils avaient organisé une conférence à ce sujet. Pour clôturer leur exposition photo intitulée "Des violences et des femmes", les étudiants membres de l’association psychologie et sociale "Sopsy", ont organisé une table ronde avec pour thème le sexisme ordinaire. Durant une semaine, des portraits de jeunes femmes ont été exposés à l’université de la Victoire à Bordeaux. Ces images en noir et blanc étaient accompagnées d’un petit texte pour une mise en contexte. L’association a recueilli des témoignages de bordelaises ayant vécu du harcèlement ou des ayant dû faire face à des propos sexistes. Le photographe, Léo Massias, a sélectionné certaines confidences et les a mis en scène. On peut notamment voir un jeune femme dans les transports en commun, le regard inquiet devant un homme. Le texte explique que la victime avait 14 ans au moment des faits et que l’homme se touchait en la regardant. On peut également voir une fille, dans une salle de classe, tenant les bretelles de son soutient-gorge qui dépassent de son t-shirt. Le récit explique qu’une enseignante aurait dit aux jeunes filles de cacher cela pour ne pas frustrer les "pauvres garçons".
Pour montrer que le sexisme et le harcèlement est partout, un membre de l’association a débuté la conférence par le récit de son histoire. Il raconte qu’un soir, dans le tram bondé, une femme s’est frottée contre sa cuisse. Il y avait de moins en moins de monde mais elle continuait. Plus tard dans la soirée, il se rend dans un bar avec des amis. Là, quelqu’un lui met une main aux fesses. Il se retourne mais il y a tellement de monde dans la pièce qu’il lui est impossible de reconnaître l’auteur des faits. En rentrant de cette soirée, une femme vient lui parler et se montre insistante. À la fin de son récit, l’étudiant demande à ce que les garçons ayant déjà vécu cette situation lèvent la main. Aucune main ne se lève. Il demande alors aux filles de faire de même. Quasiment toutes les mains se lèvent. Ça fait froid dans le dos. Il nous explique alors que ces situations ont été vécues par des bordelaises qui ont accepté de témoigner.

Le photographe Léo Massias a mis en scène l’harcèlement des bordelaises

La conférence commence véritablement. Pour que tout le monde puisse comprendre le thème de la soirée, une jeune femme explique ce qu’est le sexisme ordinaire ou micro agression. C’est un comportement banal envers une communauté, perçu comme péjoratif ou insultant de la part de celle-ci. Initialement utilisée par les populations noires, cette expression concerne aujourd’hui les minorités, comme les femmes, les homosexuels, la communauté LGBTQI+.
En 2001, Swin et A.L, des chercheurs, ont étudié ce comportement et ont remarqué qu’il se divisait en trois catégories. La première est ce que l’on appelle le micro-assaut. C’est le fait de parler et de se conduire en étant ouvertement sexiste. Ensuite il y a la micro-insulte qui désigne, elle, le fait d’avoir un comportement ou des propos renvoyant une image négative des femmes et ce, de manière consciente ou inconsciente. Enfin, on trouve la micro-invalidation. Cet acte vise à négliger les pensées ou sentiment des femmes intentionnellement ou non. Par exemple, ne pas proposer à des femmes d’aller voir un match de foot car la société pense que ça ne les intéresse pas.
Quelles sont les causes de ce sexisme ? Bien souvent, la micro agression relève des normes sociales. C’est le fait d’être influencé en société ou d’agir de telle ou telle manière car les individus se sont toujours comportés comme cela. Un homme ayant vu un comportement sexiste où la fille n’a pas eu de réaction pourra très bien agir de la même façon en se disant que finalement, il n’y a pas mort d’homme. Bien-sûr, les femmes peuvent avoir des comportements similaires. La seconde cause est la dominance sociale. C’est le fait de trouver légitime l’existence de hiérarchies entre différents groupes d’une même société. Par exemple, on nous a toujours dit que s’il y avait autant d’hommes cadres, c’était parce qu’ils sont le plus à même de diriger car ils savent imposer leurs idées. Les femmes ont donc fini par y croire. Heureusement, aujourd’hui les choses commencent à bouger dans le bon sens. Maintenant reste à savoir quelles sont les conséquences du sexisme ordinaire. Évidemment, il affecte l’état émotionnel de la victime. Elle ne se sent pas à sa place, est en colère, triste, déboussolée, a honte ou perd confiance en elle. Ces sentiments prennent de plus en plus de place si la situation se répète. De sorte à ce que les femmes vont vouloir devenir invisibles. Au contraire, ces expériences peuvent aussi pousser les femmes à agir et à s’imposer. Pour éviter les micro agressions, il faut éduquer filles et garçons dès le plus jeune âge. Dans une conversation, il ne faut pas avoir peur d’interpeller la personne pour lui expliquer que son comportement n’est pas le bon. Enfin, si vous êtes témoin d’une agression, d’un harcèlement, ou toutes autres formes de violence, n’hésitez pas intervenir pour venir en aide à la victime en veillant à ce que la situation ne vous mette pas en danger. Ce n’est pas parce que personne ne réagit que vous devez faire de même.

Ecrit par Margau Gonzalez


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