Portets

Au jardin de Jean-Jacques Rousseau

C’est bien connu : le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Buffon n’a jamais caché qu’il devait son œuvre, son poste au Jardin des Plantes et sa célébrité à son valet qui l’avait réveillé tous les matins à cinq heures pour lui donner le temps d’écrire ses livres, de gérer ses affaires à Montbard, et de se consacrer à Paris à ses recherches. Le XVIII° siècle tout entier a été fou de leçons de choses. La découverte de la nature, des
plantes, des animaux a passionné tous les curieux parmi lesquels Louis XV jamais en reste pour acclimater de nouvelles espèces ou placer dans sa ménagerie de nouveaux spécimens. Les gens de qualité herborisaient. Goethe, Rousseau, Lacépède suivirent tous l’exemple de Linné et de Montesquieu. Ils se passionnèrent pour des jardins qu’ils n’avaient jamais vus et qu’ils ne ,découvriraient jamais parce qu’ils étaient en Chine. Mais ils affirmaient dur comme fer que c’étaient les plus beaux jardins du monde et qu’il fallait les refaire en Europe, sans s’occuper de l’absence des plantes et de la dureté du climat. Alors se mirent à pulluler les hydrangeas, les glycines, les arbousiers et les cèdres de l’Himalaya. Un peu plus tard, sous Louis XVI, débarquèrent les plaqueminiers de Virginie, les magnolias, les arbres à perruques et à mouchoirs, et autres pacaniers. Seul, Rousseau qui était un original, resta fidèle à l’humble chiendent de nos chemins qu’il estimait être aussi passionnant pour le botaniste que la plus belle orchidée de Chine.
Florence Mothe, le dimanche 3 février à 17 h, racontera ces herboristes passionnés, ces jardiniers pas seulement du dimanche qui acclimatèrent avec virtuosité, achetèrent avec prodigalité, cultivèrent passionnément les plantes qui sont aujourd’hui -mais pas toutes- dans le catalogue de la plupart des pépiniéristes. Aventure fabuleuse, qui est aussi l’histoire de la nourriture, de l’environnement et de l’humanité, à laquelle la Franc-Maçonnerie fut naturellement mêlée, car tous ces beaux esprits, amis des plantes et des oiseaux l’étaient aussi des hommes, à l’exception toutefois de Rousseau, solitaire et misanthrope qui préféra toute sa vie la compagnie des pervenches à celle de ses contemporains.

Renseignements : château de Mongenan, Portets, 05 56 67 18 11.
Visite érudite des collections et des jardins à partir de 14 h,
conférence à 17 h suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine.


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