Portets

Conférence-lecture : Montherlant venu d’ailleurs

François-Régis Bastide s’est toujours interrogé sur les raisons qui ont fait cataloguer Montherlant comme un écrivain de droite alors qu’au moins autant que Camus, il se prononça pour la décolonisation. Trop hautain pour démentir les réputations fausses, Montherlant laissait dire et repoussait la publication de ses ouvrages les plus meurtriers. C’est ainsi que le public ne découvrit le texte - et encore pas intégral- de La Rose des Sables qu’en 1968 alors que le roman avait été écrit en 1930 au moment où Montherlant fit de longs séjours en Algérie et en Tunisie. Il vouait à l’Algérie une véritable passion, estimant que les gens y étaient gentils, les paysages magnifiques, le climat délicieux. Il ne se rassasiait pas de la vision somptueuse du port d’Alger sur lequel s’ouvraient ses fenêtres, et des nuits enivrantes au parfum de jasmin. La vision que Montherlant avait du problème algérien était une vision culturelle. Il estimait que la France, depuis la Restauration, n’avait jamais accompli envers les musulmans le chemin d’intégration qu’elle aurait du prendre. Il ressentait profondément tout ce qui unissait les composantes du petit peuple d’Alger, formé de français fauchés, d’espagnols, d’italiens, de grecs, de juifs venus de partout, et les liens très profonds qui les rapprochaient de la population musulmane. Au demeurant, il estimait que les guerres de conquête, y compris la conquête de l’Amérique par les espagnols étaient avilissantes pour le colonisateur et qu’une nation s’abîmait en asservissant. Il prétendait que si Alexandre était mort à trente-deux ans, c’est parce qu’il avait fini de désirer et que rien n’était bon dans la vis que le désir. Dans la conférence qu’elle donnera le dimanche 18 août à 17 h au château de Mongenan, Florence Mothe évoquera les rapports de Montherlant et de ces ailleurs rêvés et visités. Brigitte Dubern donnera lecture de plusieurs textes extraits de "L’histoire d’amour de la rose des sables" et d’autres pages consacrées à l’Algérie. De quoi se faire une autre opinion de l’auteur qui probablement, sous ses apparences insensibles, souffrit beaucoup d’avoir tant aimé.
Renseignements : château de Mongenan 05 56 67 18 11
Visite tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h
conférence-lecture le 11 août à 17 h dans la série "Hommage à Henry de Montherlant" : L’histoire d’amour de la rose des sables
Entrée 10 €
photo du port d’Alger en 1930


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