Le Comité Régional « agriculture-sécheresse » mis en place par le Préfet de Région le 24 mai dernier, s’est réuni pour la cinquième fois pour dresser un bilan de la situation hydrologique, de l’état des cultures et des récoltes effectives, ainsi que des mesures mises en œuvre pour accompagner les agriculteurs les plus touchés.
La situation hydrologique
Elle s’est améliorée dans le courant de l’été, sans que les cours d’eau ne retrouvent des écoulements satisfaisants dans le nord de la région (affluents de la Garonne, de la Dordogne et du Lot). Le bilan est demeuré plus favorable sur le bassin de l’Adour.
L’état des cultures et des récoltes
Les récoltes de blé et d’orge sont très hétérogènes, avec des rendements faibles en Dordogne et Lot-et-Garonne. En revanche, une bonne récolte de maïs est attendue, avec des rendements moyens en hausse de 10% par rapport à 2010. Les impacts de la sécheresse sur cette culture sont circonscrits à des semis tardifs, non irrigués, principalement en Dordogne. Enfin, les pluies du mois d’août ont permis une repousse des prairies sur la fin de l’été.
Les mesures mises en œuvre pour accompagner les agriculteurs les plus touchés
Trois départements aquitains ont fait l’objet d’une reconnaissance au titre des calamités agricoles : la Dordogne et le Lot-et-Garonne dès le 12 juillet, et la Gironde le 25 août. 3 200 dossiers de demande d’aide ont été déposés dans ce cadre ; d’ici la clôture du dispositif, ce chiffre devrait approcher 4 000 dossiers. L’instruction, effectuée au fil de l’eau, a d’ores et déjà permis à l’Etat de verser un premier acompte pour un millier d’exploitants, principalement des éleveurs, pour un montant dépassant 1,1 M€.
Les collectivités territoriales (Conseil Régional et Conseils Généraux)
Vont articuler leurs modalités d’intervention, ciblées sur les éleveurs, à partir des dossiers déposés dans chacun des trois départements au titre des calamités agricoles.
- photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque
Il a par ailleurs été annoncé en séance la décision nationale, de faire bénéficier d’un dégrèvement d’office de la taxe foncière sur les propriétés non bâties tous les agriculteurs situés dans les zones reconnues au titre des calamités agricoles. Les redevables concernés recevront un avis de dégrèvement avant le 15 octobre, date d’exigibilité de l’impôt.
Ce dégrèvement est basé sur les taux de pertes provisoires retenus au titre des calamités agricoles. Le recours à cette procédure permet de faire bénéficier plus rapidement de la mesure la trésorerie des redevables, tout en simplifiant la charge administrative. Cette procédure exceptionnelle peut être complétée le cas échéant par des démarches individuelles (dans les départements non déclarés en calamité agricole notamment ou pour des pertes particulièrement importantes).
La Mutualité Sociale Agricole
Va mettre en œuvre dans les jours qui viennent, un accompagnement particulier des agriculteurs les plus en difficulté.
Les représentants de la profession agricole ont demandé que le premier acompte versé au titre des calamités agricoles puisse être complété dès le mois d’octobre par le versement du solde de l’aide. Ils ont en outre souligné, la nécessité pour les éleveurs de pouvoir bénéficier d’une aide à la trésorerie. Une mise en oeuvre rapide de la mesure de report des échéances d’emprunt découlant du plan de soutien exceptionnel à l’agriculture, conformément à l’annonce du président de la République, est attendue.

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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