Bordeaux
Le 3 juillet 1854 à Hukvaldy, Amálie Janáček donne le jour à Leoš, neuvième enfant d’une famille qui en vit naître treize. Son père Jiří, instituteur du village, l’envoie à onze ans dans un monastère de Brno, où il étudie la musique sous la direction de Pavel Křížkovský. Il est remarqué grâce à ses prestations dans le chœur du monastère. Ses études le mènent alors pour deux ans à l’école d’orgue Skuherský à Prague, puis aux conservatoires de Leipzig, où il reçoit notamment l’enseignement de Carl Reinecke, et de Vienne. Il rencontre en 1874 Antonín Dvořák à Prague. C’est le début d’une longue amitié. Antonín Dvořák critiquera à titre amical ses premières compositions et influencera durablement Leoš Janáček par sa manière de composer en épousant les intonations de la langue parlée. (source Wikipédia)
Orage et Désespoir
Il y a là assurément matière à découverte pour les amateurs de Viva l’Opéra : les opéras du compositeur tchèque Leos Janacek ne sont pas très souvent joués en France mais celui-ci est un vrai chef-d’œuvre qui mérite d’être connu. L’histoire en est âpre, douloureuse, cruelle : elle confronte la solitude et les désirs d’une jeune femme à la haine rance que lui voue sa belle-mère, au bord d’un fleuve à la fois fascinant et terrifiant, et dans la tension d’un terrible orage qui semble faire éclater les frustrations et le désespoir. L’adultère, le remords, la haine, le suicide : c’est une œuvre noire assurément, parfois presque étouffante, obsédante même mais d’une beauté ardente. Et cette représentation, magnifiée par la mise en scène de Robert Carsen entièrement plongée dans l’eau qui recouvre toute la scène, surface à la fois attirante et vénéneuse, est portée par l’interprétation hallucinante de la grande soprano Karita Mattila, habitée par son rôle avec une intensité scénique autant que vocale, une puissance à laquelle contribue aussi la direction d’un des plus grands chefs tchèques, Jiri Belohlavek. Découvrir Janacek à ce niveau, c’est se donner toutes les chances d’en être bouleversé.
Alain Duault
Intrigue
Dans l’environnement étouffant d’une petite ville de province, Katia Kabanova, mariée au fade Tichon, est haïe par sa belle-mère, la Kabanicha. Elle se lie d’amitié avec la jeune Varvara qui, lors d’un voyage du mari, aide Katia à rencontrer secrètement Boris, dont la force brutale l’attire. Mais aussitôt le remords la taraude et, troublée par l’atmosphère qui précède un violent orage, elle avoue sa faute à son mari et à sa belle-mère. Plus tard, sur la rive du fleuve, Katia revoit Boris qui lui apprend son départ. Déchirée entre son devoir vis-à-vis de son mari, mais incapable de revenir vivre sous l’emprise de la Kabanicha, et son désir d’aller jusqu’au bout de son amour pour Boris, elle se jette dans le fleuve, laissant un mari désespéré et une belle-mère insensible.
Livret
Leos Janacek d’après la pièce Grozda d’Alexandre Ostrovski
Direction Musicale
Jiri Belohlavek
Mise en scène
Robert Carsen
Distribution
Katia : Karita Mattila
Dikoi : Oleg Bryjak
Boris : Miroslav Dvorsky
Kabanicha : Dalia Schaechter
Tichon : Guy de Mey
Koudriash : Gordon Gietz
Varvara : Natascha Petrinsky (mezzo soprano)
Kouliguine : Marco Moncloa
Jeudi 4 avril
19h30 précises
Durée du spectacle
2 h 13 mn dont 1 entracte de 20mn

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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