Preignac
Au sein d’un Sauternais riche en châteaux célèbres, Château Yquem, Château d’Arche, Château de Malle, Château Suduiraut, Château Guiraud, le Château d’Armajan situé à l’entrée du bourg de Preignac est un lieu historiquement riche comme ses vénérables pierres en témoignent.
Evolution au cours des siècles
Le château d’Armajan, un des plus anciens du Sauternais, naquit probablement sous la forme d’une ferme fortifiée entre les 14 et 15èmes siècles, époque dite du Bas-Moyen-Âge. Tours et meurtrières du château médiéval sont toujours en grande partie visibles, de même que la pierre commémorative datant de 1639, vestige du château des Sauvage, premiers propriétaires du château.
Un médaillon commémore le passage dans les lieux de Charles IX et Catherine de Médicis, en 1565.
« En l’an mille cinq cens et soixante sixiesme anoblist ce lieu cy le roy Charles Neufiesme, Armajan et Lamote appela l’héritage favorisant le dénommé Pierre Sauvaigeau »
La lettre d’anoblissement de Charles IX ne concernait que les seigneuries (bâtiments et terres) de Pierre Sauvage. Seuls ses héritiers pourraient bénéficier de cet anoblissement. De quoi éviter une prise de pouvoir trop importante des nouveaux nobles sur le territoire et limiter les sommes que devait leur verser la couronne.
Mais, Bernard Sauvage ayant pris part à la Fronde contre Louis XIV, le château est détruit en représailles par les troupes royales
Le nouveau propriétaire, Guillaume Guichaner, va prendre en charge la reconstruction environ 10 ans plus tard.
Le château alors reconstruit a gardé, non seulement, la même implantation que le château médiéval, à savoir trois cours, mais aussi les douves, les restes d’une porte du 15ème siècle ainsi que d’une tour circulaire et du corps principal de bâtiment.
Le château prend alors sa forme actuelle. Seule, la partie centrale est détruite et reconstruite une ultime fois vers 1760 par Vincent de Guichaner afin de l’adapter à son goût.
De nombreux éléments architecturaux dont certains empreints de symbolisme sont présents sur le château : corniche à denticules, sculptures ornementales avec coquilles (symbole de fécondité) et palmes (symbole de renaissance et de victoire), toiture en ardoise à pans brisés, pilastres avec chapiteaux d’inspiration ionique, gargouilles en forme de monstres pour l’évacuation des eaux, mais aussi pour éloigner le mal, portes de style néoclassique dont l’une surmontée par une Vierge à l’Enfant avec fronton triangulaire, cadran solaire du 19ème siècle, Chapelle en deux parties, avec voûtes en croisée d’ogive, stucs en plâtre autour de l’hôtel, un tombeau datant de 1830 transformant le lieu en chapelle funéraire.
L’or de la Banque Nationale Belge
L’emplacement de la porte principale du château médiéval correspond à priori à la porte blindée de la cave qui donne sur la cuisine d’origine. C’est dans cette cave que l’or de la Banque Nationale Belge a été caché au début de l’occupation nazie. Par la suite, il sera rapatrié par les allemands.
La propriété vinicole
Trois cépages y sont plantés :
- Sémillon : 90% touche aromatique de miel, fruits secs. Il apporte beaucoup de rondeur en bouche et s’équilibre avec la fraîcheur du sauvignon.
- Sauvignon : 8% apporte la fraîcheur.
- Muscadelle : 2% apporte la complexité et un arôme de miel.
Dans le chai, la vinification du sauternes uniquement, en petites cuves, permet de travailler parcelle par parcelle et tri par tri, les parcelles correspondent à des cépages identifiés. L’assemblage est fait après, en fonction de la qualité du vin, à la recherche de l’équilibre parfait. La période d’élevage du vin entre mise en cuve et mise en bouteille est de 24 à 30 mois.
Les aléas de l’histoire ayant fait que, lors du classement de 1855, le château redistribué à l’époque à la population en de multiples parcelles, ne put participer, nous nous permettrons de revenir, dans un prochain article, sur les vins de grande qualité élevés et produits dans cette très belle propriété par la famille Perromat.

Ecrit par Dominique Mirassou
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