Bordeaux

Bordeaux et le 7ème art

Bordeaux, après Lyon et Paris est une des premières villes à avoir accueilli la nouvelle invention des frères Lumières. Cette histoire remonte à la toute fin du XIXème siècle et se dissimule derrière les murs de la métropole. Aujourd’hui cet art est en difficulté du fait de la pandémie qui nous touche tous, alors n’hésitons pas, avec toutes les précautions nécessaires bien sûr, de retourner dans ces salles bordelaises au riche passé.

Le premier cinématographe projetant des images de vie courante ( « La sortie de l’usine Lumièresà Lyon » parmi elles sans doute) arrive sur Bordeaux en mars 1896. Les séances ont lieu au 10 allées de Tourny, presqu’à l’angle de la rue Jean-Jacques Bel. Cet emplacement n’est pas un hasard, puisqu’il hébergea de 1712 à 1890 l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. Les séances sont publics et ne coûtent que 0,15 F. Au fur et mesure du temps les salles de projections se multiplient, et la plupart sont localisées au niveau du célèbre Triangle d’or. Les journaux ne tardent pas à écrire sur ces événements qui révolutionnent notre vision du monde : « L’illusion est telle que les scènes projetées sont d’une netteté frappante ; c’est une sensation nouvelle ; l’oeil se laisse doucement et délicieusement duper ! », Le Nouvelliste, le 26 février 1896. L’écran est une réelle « fenêtre sur le monde », il est possible de voir Les Fêtes du couronnementndu Tsar à Moscou ! Toutes ces lieux ont désormais fermés, concurrencés par l’inauguration des premières salles de cinéma en 1907, le chef de file étant le Théâtre Français.

CGR Français

Cet édifice comme son nom l’indique est à l’origine une salle de spectacle. Il fut construit de 1793 à 1800 par Jean-Baptiste Dufard, connu pour avoir collaboré avec l’architecte Victor-Louis. Le bâtiment se caractérise par sa forme angulaire, et ses colonnades qui s’inscrivent dans le néo-classicisme. A noter que l’architecture antique détient une signification particulière pour les théâtres, car en ce siècle des Lumières, le théâtre antique est perçu comme le modèle civique et démocratique par excellence. Afin de retracer son histoire cinématographique, le Français, met en place en 1898 des séances dans sa salle principale, qui ont de plus en plus de succès : « Les après-midi sont de plus en plus suivis et font la joie des familles et des pensionnats qui s’y donnent rendez- vous. », La Gironde, 25 janvier 1898. A partir de 1908, le Cinéma National Pathé prend place dans ce théâtre tous les étés jusqu’en 1914. La rivalité entre Pathé et Gaumont engendre l’ouverture de nombreux cinémas dans Bordeaux, développant ainsi cette industrie fraîchement créée.

Ciné Théâtre Girondin

En parlant d’industrie, celle-ci redémarre peu de temps après la Première Guerre Mondiale, créant dans le paysage bordelais de nouvelles façades, propre à cet art. L’une d’elles se trouve au 36 Rue Gaston Lespiault, près de la Barrière de Pessac. Son apparence exubérante contraste avec les bâtiments sobres alentours : motifs de soleil, d’océans exotiques, de fleurs, maintes moulures etc. Cette démarcation a pour fonction de rendre séduisante l’entrée, d’attirer les gens. Elle évoque également le monde du spectacle, qui se veut voyageur et divertissant. Nous sommes dans les années 20, et le cinéma est alors en pleine expansion, chaque quartier possèdent sa propre salle, et le Ciné-Théâtre Girondin participe à la vie de son quartier. Aujourd’hui seule la façade marque le passé cinématographique du lieu, il abrite désormais le local d’une mutuelle. Des salles atypiques sont encore aménagées de nos jours, dont l’exemple phare est l’Utopia. Ce cinéma, à l’histoire complexe était anciennement l’église St-Siméon datant du XIV-XVème siècle. Les établissements écclésiastiques étant nationalisés suite à la Révolution française, l’édifice devint successivement une école de marins et mousses, une usine d’ouvre boîtes, puis un garage. Les fondateurs des salles Utopia, qui sont avignonnais, ravivent ainsi la curiosité et l’émotion que procurent le 7ème art.

Utopia

Sources :
Eléonore MARANTZ-JAEN, « Architectures de cinémas :L’expérience et les réalisations
d’Eugène Chirié 1930-1939 », Rives méditerranéennes, 2003, p. 95-112.
Michel CARDOZE, « Quand le theâtre Français de Bordeaux était en concurrence avec le grand théâtre », francebleu.fr, 25 mars 2019.
Michel CARDOZE, « Le Girondin, un ciné-théâtre barrière de Pessac », francebleu.fr, 26 octobre 2016.
PHILIPPE PRÉVÔT, RICHARD ZÉBOULON (photo.), Bordeaux secret et insolite : la face cachée du port de la lune, Ed. Les Beaux Jours, 2017.
Pierre BERNEAU, « Le cinéma des origines : les débuts du spectacle cinématographique à Bordeaux » [article], 1895, revue d’histoire du cinéma, 1988, p. 18-32.
Site artemisia.no
Site salles-cinema.com
Ouverture : les trois mascarons caractéristiques du 10 allées de Tourny


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