Bordeaux

Bordeaux : Une semaine placée sous le signe de la femme

En 2018, la mairie de Bordeaux lançait la première semaine des droits des femmes. Du 5 au 11 mars, la femme sera mis à l’honneur dans la ville et toutes sortes de conférences seront organisées par différentes associations.

Pour la troisième année consécutive, la ville de Bordeaux organise une semaine spéciale autour des droits des femmes. Cette édition vise à "sensibiliser, interpeller et promouvoir l’égalité des femmes et des hommes". Les hommes, autant que le femmes sont conviés aux différentes conférences qui vont être organisées, sur la place de la femme dans le monde, sur les violences conjugales… Des projections de films sont aussi prévues et notamment "Les invisibles" de Louis-Julien Petit. Alors qu’un centre d’accueil de femmes SDF va bientôt fermer, les travailleuses sociales vont tout faire pour que les femmes retrouvent un travail. Une comédie qui met notamment Audrey Lamy en scène. Le film sera diffusé par le cinéma Utopia place Camille Jullian le lundi 9 mars. Jeudi a marqué le début de cette semaine spéciale à Bordeaux. Pour l’occasion, Nicolas Florian a remis la médaille de la ville à Kakpotia Marie-Claire Moraldo, fondatrice et présidente de l’association "Les Orchidées Rouges". Cette structure lutte pour l’éradication de l’excision, du mariage précoce et forcé mais aussi contre toutes les violences faites aux femmes. "La femme n’est pas un être à part", a affirmé le maire de la ville plein de conviction. Il s’est dit content que la mairie s’empare enfin de ces problèmes qui ne devraient avoir lieu.

Nicolas Florian a remis la médaille de la ville à Kakpotia Marie-Claire Moraldo pour son travail aux "Orchidées Rouges"

Suite aux discours du maire et de Kakpotia Marie-Claire Moraldo, la première table ronde de la semaine a eu lieu. Quatre femmes sont venues parler du burn-out des femmes. Pourquoi dissocier le burn-out féminin et masculin ? Et bien parce que selon Jeanne Gauthier-Lenoir, psychologue et clinicienne du travail, les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes. Elle nomme cela "la double peine". Encore aujourd’hui, ce sont les mères qui s’occupent davantage des enfants. Selon Séverine Lemière, spécialiste des inégalités professionnelles, 80% des hommes ayant un enfant de moins de trois ans ont un emploi à plein temps, contre 40% des femmes. Et pour celles qui travaillent toute la journée, quand elles rentrent chez elles, elles en débutent une nouvelle, entre bain des bambins et tâches ménagères. 73% des tâches domestiques sont exécutées par des femmes en semaine. Les hommes préféreraient eux le week-end et les vacances pour vaquer à cela. C’est à cause de tout cela que les femmes seraient davantage victimes de burn-out. Mais par quoi se caractérise le burn-out ? Ces dernières années et notamment avec l’arrivée de l’informatique, les métiers ont beaucoup évolué. L’individualité a pris une place importante. Et nos écrans nous poussent toujours à aller plus vite. On travaille plus et tout seul. Ce qui peut entraîner des troubles anxieux, une invisibilité de la double charge de travail, un épuisement professionnel… La souffrance voit le jour lorsque la femme, après avoir redoublé d’efforts pour prouver ses compétences, se retrouve face à un mur sans pouvoir en parler. Une fatigue irrécupérable s’installe, une irritabilité, des insomnies, des maux de dos, de tête, des pertes de mémoires, des absences : le corps lâche. Et alors, bien souvent, lorsque les femmes vont chez le médecin pour expliquer la situation, il ne détecte pas un burn-out, mais une dépression. Il prescrit donc des anti-dépresseurs qui n’auront aucun effet sur les victimes. Il faut savoir que le burn-out n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Pour l’OMS, c’est un syndrome.

Pauline (à droite), victime de burn-out et Séverine Lemière, spécialiste des inégalités professionnelles, ont témoigné à ce sujet

Quelle solution s’offre aux femmes vivant cette situation ? L’arrêt de travail. C’est la seule chose qui puisse aider à la reconstruction. Bien-sûr ce n’est pas simple car un sentiment d’impuissance s’installe : les femmes veulent alors reprendre le travail pour prouver qu’elles sont au-dessus de cela. Mais c’est souvent bien pire après. Alors, pour aider les femmes victimes de burn-out, Anne-Sophie Vives a co-fondé l’association "L’BURN". Avant cela, elle a fait un burn-out. Elle s’est donc tournée vers les réseaux sociaux à la recherche de personnes dans le même cas qu’elle. C’est ainsi que la communauté les BURN’ettes s’est lancée en 2018 sur les réseaux sociaux. Pour passer du virtuel au réel, elle a crée l’association il y a un an. Le point d’ordre est l’entraide. Des anciennes victimes aident les femmes en situation de burn-out. Une ligne téléphonique a été mise en place ainsi que des comptes sur les réseaux sociaux. Les femmes se sentent moins isolées et plus considérées. Pauline a été sauvée grâce à l’association "L’BURN". Après l’annonce de sa grossesse, elle a voulu balayer d’un revers de main tout ce qu’on pouvait lui dire de dénigrant au travail et a voulu prouver à tout le monde qu’elle était capable de concilier grossesse et emploi de cadre. Elle s’en est brûlée les ailes. De Paris, elle s’est installée à Bordeaux pour suivre son mari et c’est là qu’elle a fait la rencontre des BURN’ettes. Aujourd’hui, elle semble épanouie. Alors si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à entrer dans des groupes de parole pour discuter avec des personnes qui vous comprendront.

Ecrit par Margau Gonzalez


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