Bordeaux
Les œuvres d’une jeune femme, Charlotte Georgin, toute en sensibilité ont été choisies pour constituer l’exposition de cette fin de printemps (23 mai 2017 - 25 juin 2017) à la galerie Nouveaux Talents de l’Institut Bernard Magrez. « Fantôme », titre de cette installation nous guide pour identifier ce qui anime cette artiste et l’âme de cet événement.
Au rez-de-chaussée, une première sélection d’œuvres récentes « Portraits de famille » nous amène à explorer la représentation de la famille. La technique de Charlotte Georgin, originale, retrace les effets du temps à la fois sur l’organisation familiale, les modes vestimentaires lors des cérémonies, mariage, communion et plus simplement sur l’existence de l’être photographié. Charlotte G. utilise les photographies de sa propre famille ou celles dans les brocantes ou sur internet. Elle les sélectionne et les collecte sur leur qualité plastique, poétique ou émotionnelle, ,. Puis, les photographies sont projetées sur la toile ou le papier, les contours des personnages sont redessinés au fusain noir ou à l’aquarelle. Le travail ici présenté est en noir et blanc. Les propres questionnements sur les origines de la famille de Charlotte G. ressortent. Notamment, l’œuvre magistrale en aquarelle présente toute une famille dont la représentation est recomposée par des gris, du noir et du blanc. Le blanc peut nous évoquer le manque, la perte de l’être chéri, ou encore les défaillances de la mémoire que tout un chacun peut avoir sur sa propre histoire. Nous allons retrouver l’utilisation du noir, des nuances de gris et du blanc dans les œuvres sur les fratries travaillées au fusain permettant la mise en suspension de ces images et de ces individus tout en laissant une empreinte dans les mémoires.
Depuis, 2014 Charlotte Georgin nous indique qu’elle habitée par ce travail sur la famille mais pas seulement. En effet, au premier étage est exposée une série « les Visages » portraits d’enfants, d’adultes, de vieillards connus anonymes ou intimes, essentiellement en peinture gouache ou huile, là encore du noir et blanc. La technique « ici enlevée, rapide qui laisse place à l’accident, la tâche, la couleur » selon Charlotte G., nous montre des visages transformés par des émotions, tristesse, ou tendresse. De l’ensemble de ce travail au cadrage serré des visages ou des compositions, émane une impression de douceur malgré le temps qui passe sur les êtres, les relations familiales qui s’estompent ou les rencontres éphémères de ses élèves croisés au cours de son enseignement. Cette série de portraits met en exergue les identités plurielles mais aussi l’innocence et la fragilité de l’enfance.
Le charme, l’originalité des œuvres de Charlotte Georgin emplit sereinement l’espace qui leur est consacré à l’Institut Bernard Magrez. Un jeune talent féminin à découvrir dont les œuvres peuvent signifier nos propres relations et ressentis au sein de nos familles.

Ecrit par Véronique Saint-Ges
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