Bordeaux

La fête en liberté plus surveillée que jamais

Pour la première fois en 24 ans d’Epicuriales, une dizaine de restaurateurs présents chaque année aux allées de Tourny à Bordeaux sont en colère et fustigent contre l’imposition sans précédent du service à table.



Les Epicuriales 2018 passent à table depuis le 25 mai et desserviront le couvert le 9 juin. Organisées par la Ronde des Quartiers (l’association de commerçants qui organisent l’événement) et manoeuvré par AMG Production, c’est un lieu de rendez-vous incontournable de l’épicentre bordelais. Les allées de Tourny rivalisent de décor et d’ambiance, occupées par un village éphémère d’une vingtaine de restaurants accueillants qui recèlent de grandes enseignes de la restauration. Portées par un succès grandissant, elles abritent plusieurs « cadors » comme le restaurant « Les Etoiles d’Epicures » qui invite chaque soir un chef « star » du petit écran jusqu’aux étoilés du célèbre Guide Michelin. Ce village du goût et de la saveur est aujourd’hui tourmenté par des problèmes liés à une consommation d’alcool jugée trop abusive.

Signalétique

Les Épicuriales, ce ne sont pas les fêtes de Dax ou la fête de la bière !
Pour l’adjoint au maire de Bordeaux, Jean-Louis David, il ne faut pas confondre événement gastronomique réunissant les plus grand chefs de France et discothèque débordante à ciel ouvert : « Les Épicuriales, ce ne sont pas les fêtes de Dax ou la fête de la bière  ! » Propos appuyés par Christian Baulme, Président de la Ronde des Quartiers qui regrette sincèrement la précédente édition et reconnait qu’il faut trouver une solution. « L’édition 2017 a été marquée par des débordements liés à une consommation d’alcool excessive  » il précise donc sa volonté d’apaiser les tensions et promet de « revenir aux fondamentaux. » Victimes de leur succès et pour éviter de rencontrer à nouveau ces problèmes, le choix a donc été fait ne pas servir d’alcool aux clients debout. Plus de comptoirs à tapas, il faudrait impérativement s’asseoir à une table pour préserver un climat de paix. Une version dite, plus « sage ». Pour les restaurateurs, cette décision pourrait dénaturer l’esprit initial des Épicuriales. De plus, ils payent plus de 60 000 euros un stand de 300 mètres carrés (selon les chiffres de Sud Ouest) et redoutent que ces nouvelles mesures leurs soient plus que néfastes. Mais à l’approche de la fin de l’évènement, des fortes intempéries et des tensions avec la Mairie, qu’en est-il aujourd’hui du village éphémères des irréductibles restaurateurs ?

Anthony Ladanousse

La baisse du chiffre d’affaire était inévitable
Les restaurateurs comme Anthony Ladanousse, un des superviseurs du stand de la Villa Tourny, ne se démontent et veulent continuer à faire prospérer l’événement au maximum. Il nous confie que cette année est plus compliquée que les années passées. Premier facteur : le temps. « La baisse du chiffre d’affaires était inévitable, le temps ne nous a vraiment pas aidé. Il y à qu’à voir les déjeuners du midi, même si on bosse bien, c’est rien en comparaison aux années précédentes. » Mr Ladanousse enregistre au moins 25% de ,baisse du chiffre d’affaires. « Peut-être 15%, si le temps le temps avait été plus clément. » nous confie t’il. Il est en effet à rappeler que de violents orages ont secoué Bordeaux et la Gironde. Grêle, fortes averses ou encore activités électriques, toutes ces intempéries ont fait de véritables catastrophes pour certains commerces ou habitations. Selon Météo France, jusqu’à 22 millimètres de pluie se sont abattus sur Bordeaux et ses pauvres Epicuriales en moins de 6 minutes ! Parmi les 330 interventions sur le département, Tourny n’a pas été épargnée comme en atteste cette photo prise par un client d’un des bars du village éphémère.

Grelons tombés lors du violent orage du samedi

Les facteurs de la baisse
Mais le déluge ne semble pas être le seul facteur des différentes baisses connues des restaurateurs. Pour Anthony Ladanousse, trois sons de cloches rentrent en compte et sont difficilement audibles (entre la mairie, AMG, et la Ronde des Quartiers) : « Avec les demandes des uns et des autres, on a du mal à se positionner. Après, nous sommes obligé de continué nos activités même si nous voulons avant tout dialoguer. » Plusieurs restaurateurs sont donc montés au créneau. « On a été entendu mais pas forcément compris. On a donc pas le choix et on fait tant bien que mal. » Il rappelle sa volonté de vouloir faire perdurer l’esprit des Epicuriales, qu’il qualifie de convivial et festif. « On veut donner aux gens quelque chose de bien et agréable. On veut continuer à les faire rêver. » C’est avec un discours apaisant et un véritable amour pour cet événement que ce restaurateur se bat pour le faire perdurer. Quand à l’édition prochaine, il ne cache pas son inquiétude : « J’espère que pour l’année prochaine, nous trouverons des idées différentes. Il faut dialoguer et non s’énerver. Nous en tout cas, on a envie de continué. »

Ecrit par Paul Savary


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