Histoire de réconforter toutes celles et ceux qui ne supportent plus la « brutalisation » de notre société et la violence du débat public, Jean Birnbaum n’a de cesse tout au long de cet ouvrage de mettre en lumière les charmes et vertus de la nuance. Alors que de plus en plus de féroces prêcheurs envahissent le champ dit « intellectuel », il serait peut-être temps d’arrêter d’attiser les haines dit encore l’auteur.

De Camus à Barthes …

A la recherche des raisons d’espérer, Jean Birnbaum renoue avec Albert Camus, George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron, Georges Bernanos, Germaine Tillion ou encore Roland Barthes. « Nous étouffons parmi des gens qui pensent avoir absolument raison » disait naguère Albert Camus, et l’auteur d’ajouter que nous sommes aujourd’hui nombreux à ressentir la même chose, tant l’air est irrespirable.

Rien de plus radical que la nuance !!!

Dans cet essai à la charnière de la littérature et de la pensée, il ne s’agit aucunement de trancher mais d’arpenter et même d’explorer les territoires contrastés où la reconnaissance de nos incertitudes nourrit la recherche du vrai. Liberté intraitable, éthique de la vérité, conscience de nos limites, sens de l’humour, rapport à l’inconscient, morale du langage, goût de la franchise, art de l’amitié, autant de qualités qui émanent des personnalités convoquées dans ce livre par un Jean Birbaum désireux de démontrer à ceux qui veulent bien entendre, qu’il n’y a pas plus « radical que la nuance ».

Albert Camus

Des êtres trop libres …

En parcourant tour à tour le souci de l’équilibre d’Albert Camus, la lucidité de Georges Bernanos, le génie de l’amitié de Hannah Arendt, la « modération à l’excès » de Raymond Aron, la révolte poétique de Georges Orwell, la discipline de l’esprit de Germaine Tillion, le littéraire Roland Barthes, l’auteur évoque des femmes et des hommes, trop nuancés pour s’aligner sur des slogans. Trop libres pour supporter la discipline d’un parti. Trop sincères pour renoncer à la franchise. Trop mobiles pour obéir à la police des frontières. Quelques-uns ont enduré l’exil et la clandestinité. Tous ont connu la solitude. "Parmi les puissants du jour, ce sont des hommes sans royaume", disait Albert Camus.

Et l’auteur de conclure ….

Ici, j’ai voulu donner voix à cette marginalité, au moment où elle peut nous être d’un grand secours. Il s’agissait de faire entendre cette petite troupe d’esprits hardis, délivrés de tout fanatisme, qui ont accepté de vivre dans la contradiction, et préféré réfléchir que haïr. Avec à l’horizon, cet espoir : relancer un héritage fragile, lui donner la force d’être fort, ou du moins assez solide pour qu’il fasse rayonner parmi nous, comme à travers ces pages, le désir obstiné de faire face, de se tenir bien.
Voilà bien dans le contexte de confusion, de bavardage et souvent de cirque médiatique qui pollue notre atmosphère, un ouvrage salutaire et réconfortant pour tous ceux qui prendront plaisir à le lire …

L’avis de Daniel Lenoir

Ecrit par Dominique Mirassou


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