Bordeaux

Le décrochage à l’université : véritable problème de société

L’accès à la scolarité et la gratuité de l’université est aujourd’hui un vrai plus pour les étudiants en France. Malgré une pluralité incroyable de formations universitaires, il semblerait que de nombreux jeunes aient du mal à trouver leur voie et à s’adapter aux conditions d’apprentissage.

Le 21 janvier dernier, la ComUE d’Aquitaine publiait une enquête réalisée sur les universités de l’académie de Bordeaux. Parmi les 52 000 étudiants inscrits en formation au cours de l’année 2015-2016, on en recense environ 5% qui sont sortis de leur formation sans diplôme. Cela paraît peu mais ce chiffre représente près de 2 500 jeunes qui ont terminé ou non leur année scolaire sans l’obtention d’une quelconque certification. Quand on connaît l’importance des diplômes, actuellement, dans un monde professionnel où la méritocratie prime.. Une méritocratie compétitive qui ne juge que par le niveau d’études et non par d’autres aspects, plus sociaux, plus humains. Aussi, la gratuité de l’enseignement supérieur est une chance pour les jeunes mais ce dernier, faute de moyens est limité. Effectivement, à l’université, les promotions sont pleines à craquer en début d’année. Par exemple, on décompte pas moins de 2000 élèves inscrits en première année de droit au sein de l’Université de Bordeaux Montesquieu. A l’université, aussi appelée, la fac - faculté - les amphithéâtres sont combles et les professeurs donnent des cours devant parfois plusieurs centaines d’étudiants. Dans certaines filières telles qu’en droit ou en économie-gestion, les promotions sont scindées en deux parties. C’est d’ici que résulte tout le problème des cours universitaires. Les étudiants ne sont que très peu suivis. De plus il est presque impossible d’interagir et d’échanger avec les professeurs. Ainsi, acquérir une réelle autonomie dans la prise de notes, l’apprentissage des cours, la rédaction de travaux dirigés devient une épreuve tout de suite bien plus compliquée pour beaucoup d’entre eux.

Parvis désert en ce début de deuxième semestre à l’Université Montaigne-Montesquieu

Les jeunes qui sortent du lycée et se lancent dans l’aventure universitaire ne s’attendent pas à ce changement brutal dans leur apprentissage et la manière d’appréhender leurs cours. Sans compter que ces jeunes sont lâchés dans le grand bain et sont censés, à peine adultes, prendre leur indépendance et se responsabiliser. Le système universitaire étant très laxiste, la présence en cours n’est même pas obligatoire. Les premiers mois sont dangereux et piégeux pour la plupart des étudiants. Un piège attractif, composé de soirées étudiantes, de grasses matinées et de journées allégées. L’étude menée par la Communauté d’universités et établissements d’Aquitaine se penche sur tous les aspects, tous les facteurs qui peuvent expliquer la « non-réussite » dans l’obtention d’un diplôme universitaire. Ainsi, on s’intéresse à l’âge, au type de bac obtenu, et au certificat préparé mais aussi aux conditions de vie étudiantes et aux impacts sociaux et psychologiques engendrés par cette étape importante du passage à l’âge adulte. On se penche également sur le ou les motifs qui ont entraîné le décrochage scolaire. En découvrant cette investigation très intéressante, on constate que certaines sorties s’expliquent par le souhait de réaliser un autre projet, (31%) tandis que d’autres (32%) s’expriment par un sentiment d’inadéquation aux contenus des cours ou d’incapacité à réussir. Le problème ne résulte ainsi probablement pas que des quelques carences du système universitaire. Il résulte aussi de la transmission de renseignements sur les formations post bac qui semble mal effectuée. Quant à l’aide à la préparation de la transition lycée-fac, cette dernière ne semble même pas mal effectuée, elle n’existe pas. Le système éducatif prôné notamment par le ministère de l’éducation nationale demeure malheureusement mal adapté et paraît handicaper l’université au détriment de l’école privé.

Ecrit par Charly Chateau


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