Bordeaux
Quartier bourgeois de Bordeaux réputé avant tout pour son architecture, sa tranquillité et sa qualité de vie, le quartier Saint Seurin, quartier de tradition, renferme quelques secrets et son histoire n’est pas exempte de mystères toujours non élucidés. Revenons donc plusieurs siècles en arrière.
Les origines de la « basilique* »
Le premier oratoire paléochrétien aurait été construit à l’endroit même où se trouve actuellement la Basilique Saint-Seurin. En effet, bien que dite basilique mineure, l’église Saint-Seurin est bien une basilique dont la construction s’est étendue du XIème au XVème siècle. La crypte du XIème possède des colonnes et des chapiteaux gallo-romains, des sarcophages du XIème siècle et le tombeau du XVIIèmè de Saint-Fort. L’architecture de base est de style roman La Basilique a connu de très nombreuses modifications au cours des siècles et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840, avant d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO dès 1998 car située sur l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
*Basilique : église privilégiée, titre honorifique donné par le Pape à une église où de nombreux fidèles viennent spécialement en pèlerinage pour honorer Jésus Christ, la Vierge Marie, ou les reliques d’un Saint particulièrement vénéré. Les quatre basiliques de Rome sont majeures, les autres sont dites mineures.
Les récits selon la tradition : l’olifant de Roland
La tradition raconte que l’olifant de Roland fut déposé par Charlemagne sur l’autel de l’église Saint-Seurin, et que sous la place existait un cimetière où l’Empereur Charlemagne aurait fait enterrer les corps des compagnons de Roland tombés à Roncevaux. Non loin de la basilique la tradition nous parle d’un petit château donnant par un large pont-levis sur la rue Judaïque, appelé le château du Diable. Les habitants du coin affirmaient y entendre la nuit des gémissements, des cris et des bruits de chaînes jusqu’à ce qu’un dénommé Désarnaud le loua pour tirer l’affaire au clair. Comme souvent, avec la venue de cet importun sceptique les fantômes décidèrent de quitter les lieux …..
Saint Seurin et Saint Fort, un mystère …
Le tombeau de saint Seurin, vénéré durant des siècles, fut déplacé en 1845 vers un lieu toujours inconnu. Selon certains archéologues, sa sépulture serait celle de Saint Fort (présente dans la basilique) dans laquelle selon la légende populaire, la clé de la mer serait enfermée. Ainsi lorsque la tempête souffle sur l’Atlantique, on entendrait paraît-il autour de la basilique, le bruit de l’Océan déchaîné et les cris des marins sur les navires.
Quant à Saint fort qui a joui et jouit encore d’une grande popularité en bordelais, il a longtemps été considéré comme le premier évêque de Bordeaux et il serait mort en martyr. Sa personnalité et son culte ayant soulevé discussions et polémiques, on penserait plutôt aujourd’hui qu’une série de confusions auraient abouti à personnifier la châsse (le fort) sur laquelle les autorités bordelaises prêtaient les serments solennels. Malgré ce doute, le supposé tombeau de Saint Fort dans la basilique Saint-Seurin continue d’attirer chaque année pas mal de mères accompagnées de leurs enfants, afin de les rendre plus forts et plus résistants, Saint Fort fait partie intégrante de la tradition bordelaise.
Encore un lieu chargé d’histoire, avec la basilique et la place, qui renferme un peu de l’âme de notre ville et de ses habitants et même s’ils n’y ont pas entendu les bruits de l’océan, les vieux bordelais sans aucun doute, le savent et le ressentent ….
- Rue Saint Fort
- Nécropole paléochrétienne
- Crypte archéologique de Saint-Seurin

Ecrit par Dominique Mirassou
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