Sur les pas du fameux Chevalier de Saint-Georges

Peu de musiciens eurent une vie aussi cascadante et aussi remplie que le fameux Chevalier de Saint Georges que l’on surnomma à juste titre "le Mozart des Caraïbes". Naître esclave et être cependant noble et reçu à la Cour, être un des meilleurs violonistes de son temps et professeur de musique de Marie-Antoinette, mais être également le meilleur bretteur de son époque au point de l’emporter en duel sur le fameux Chevalier d’Eon, devenir agent secret, être l’objet de plusieurs attentats, pratiquer la Franc-maçonnerie dans l’Atelier le plus chic de la capitale, la fameuse Loge des Neuf Sœurs, à une époque où la Franc-maçonnerie est rigoureusement interdite aux noirs, participer à la lutte contre l’esclavage et seconder Toussaint Louverture dans son combat, être applaudi sur toutes les scènes et triompher sur tous les théâtres, voilà quel fut le destin de ce mulâtre beau comme un Dieu, sportif comme pas un, qui fut la coqueluche de Paris et parvint à réconcilier sur sa personnalité et sa musique les courtisans de Versailles et les amis du Duc d’Orléans.
Florence Mothe retrouvera dimanche 7 avril son passé de musicologue pour évoquer à 17 h au château de Mongenan ces compositeurs Francs-maçons qui suivirent à Paris le brûlant sillage de Mozart. Tous étaient follement doués, tous étaient de fortes têtes. Dalayrac, Saint Georges, Giroust sont aujourd’hui peu connus du grand public. Mais quelles personnalités ! Giroust qui avait composé la musique du sacre de Louis XVI dut à son appartenance maçonnique de traverser sans écueils la révolution. Il parvint même à se faire nommer sous la Terreur," concierge", c’est-à-dire intendant du château de Versailles et y vécut seul avec son épouse, parcourant la galerie des glaces et les Trianons et rêvant au temps où il avait fait tant de musique pour tant de belles dames qui l’avaient applaudi à tout rompre quelles que soient ses idées républicaines. Au fait, si rares sont ceux à qui le nom de Giroust demeure familier, sa musique chante encore à toutes les oreilles car ce compositeur fut littéralement pillé par Offenbach qui lui emprunta les principaux airs de la Belle Hélène !
photo : Joseph Boulogne Chevalier de Saint Georges


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