Bordeaux

Quatre violonistes bordelais ont fait scintiller l’art du violon

En cette fin de saison 2012-2013 particulièrement mémorable quatre violonistes bordelais ont fait scintiller l’art du violon. Ce fut d’abord, le 6 juin , le triomphe de la famille NEMTANU que tous les mélomanes de Bordeaux connaissent : Vladimir, le père, supersoliste de l’ONBA depuis 1979, brillant instrumentiste et professeur, et ses deux filles qui reçurent son enseignement et dont les carrières parallèles se développent au plan national et international.

Sarah est violon solo de l’Orchestre National de France, Deborah est violon solo de l’Ensemble Orchestral de Paris devenu Orchestre de Chambre de Paris. Excusez du peu ! Et deux autres NEMTANU, Judith et Adrian, sont présents dans le pupitre de violons de l’ONBA. Quelle famille ! Il est vrai qu’en Roumanie dont les NEMTANU sont originaires, on connait depuis toujours l’art du violon : le grand ancêtre, Georges ENESCO, en fut l’un des plus remarquables représentants.
Georges Enesco
Ce soir là, 6 juin, sous la baguette du chef d’orchestre, Azan ZIELINSKI, acceptant sans façon mais avec talent le rôle d’accompagnateur, le festival violonistique pouvait commencer ! Ce fut, en guise de mise en bouche, si j’ose dire, le double concerto de BACH dont l’audition ne manque jamais d’évoquer en moi l’enregistrement célèbre et ancien de Georges ENESCO et Yehudi MENUHIN, historique interprétation… Vladimir joua le premier mouvement avec Sarah, le final avec Deborah (ou l’inverse !), les deux sœurs unissant leur talent dans le largo central. Belle entente familiale en tout cas, sonorités se fondant parfaitement dans une interprétation d’un classicisme d’excellente facture. Nos trois héros de la soirée se retrouvèrent après la pause dans le concerto pour 3 violons de VIVALDI, renouvelant avec bonheur leur complicité artistique et familiale. Entre-temps, nous avions assisté à une démonstration ébouriffante de virtuosité, de maîtrise technique et, pour tout dire, de « beau violon », offerte par les sœurs NEMTANU. Deborah dans SAINT SAENS (Rondo capricioso) et SARASATE ( Carmen fantaisie), Sarah dans SARASATE ( Airs bohémiens) et TCHAIKOVSKI ( Méditation). Toutes les deux, reines du violon, parmi les meilleures de cet instrument, se rejoignant une fois encore dans SARASATE ( Navarra) pour conclure un concert plein de charme et de haut niveau "violonistique". L’auditorium, archi-comble, en liesse, fit aux NEMTANU un triomphe mérité et très émouvant.
Une semaine plus tard, le 13 juin, Matthieu ARAMA, jeune co-soliste de l’ONBA, en alternance avec Vladimir NEMTANU, quatrième élément de ce quatuor de violonistes bordelais, jouait le concerto de SIBELIUS sous la direction de Roberto BENZI qui retrouvait, ce soir-là, l’orchestre qu’il dirigea pendant 15 ans ( 1972-1987). Matthieu ARAMA, lui aussi, comme les sœurs NEMTANU, fait une brillante carrière nationale et internationale, jalonnée de multiples récompenses. Dans le célèbre concerto de SIBELIUS, il fait honneur à sa jeune réputation et se montre digne de ce quatuor de violonistes que j’aime à qualifier de bordelais ! Grâce à son talent, le superbe Stradivarius qu’il a la chance de jouer, sonne magiquement. Matthieu ARAMA est irréprochable dans son interprétation : technique sans défaut, archet souverain, bref, belle race de violoniste !
Matthieu Arama en companie de Bernard Magrez et le Stradivarius
Il fut acclamé par le public et par ses collègues de l’ONBA et c’était amplement justifié. L’intérêt qu’a suscité en moi l’écoute de quatre beaux violonistes a failli me faire oublier de parler de la prestation de Roberto BENZI que je n’avais pas vu diriger depuis de très nombreuses années. Passons rapidement sur l’exécution de la Valse Triste, populaire ô combien mais sans grand intérêt musical ni difficulté particulière pour l’orchestre et pour le chef. Un seul rappel et tout fut dit !Le concerto de SIBELIUS fait la part belle au soliste et comporte de larges plages en forme de cadence où le violoniste peut démontrer sa science de l’instrument, sa technique, sa sonorité, son talent , bref ce que fit M. ARAMA. L’accompagnement de R. BENZI fut convenable en ce qu’il laissa au concertiste le rôle primordial découlant de la partition. Le succès de M. ARAMA entraîna « ipso facto » celui de BENZI ! Le concert se terminait avec la 7ème symphonie de BEETHOVEN, sous-titrée ( par qui ?) « l’apothéose de la danse ». Il ne me sera pas difficile d’oublier l’exécution qu’en donna R. BENZI dont la gestuelle trop ample génère l’imprécision : attaques de l’harmonie hasardeuses, hésitations chez les cordes, manque de vision inspirée dans une œuvre mille fois enregistrée par de grands interprètes. Le public ne tint rigueur de rien ! Il applaudit donc chaleureusement ! Il avait eu son « Prélude à la gloire » !
SARASTRO, lui, gardera l’impression bienfaisante des quatre violonistes débordant de talent dans ce bel auditorium au début de sa carrière.

Ecrit par Sarastro


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