Escoussans : une future antenne relais qui pose problème

En mai 2020, la petite commune d’Escoussans, à 40 minutes de Bordeaux, a été identifiée comme « zone blanche », obligeant ainsi les opérateurs et la commune à remédier à cette situation au plus vite. Le projet d’implantation d’une antenne-relais dans le lieu-dit de Liron génère cependant une situation de conflit avec les riverains…

Autour d’un pylône
« Il y a besoin d’une antenne, on la veut, mais on va la mettre chez les autres ». Voilà comment les habitants du lieu-dit de Liron résument la décision, prise par la mairie d’Escoussans, d’implanter une antenne-relais dans leur havre de paix. « Ce sera un pylône de 42 mètres, qui sera située tout près de la forêt », explique le président de l’association de riverains de Liron. L’objectif de ce projet, réalisé à la charge de l’opérateur SFR, sera de pallier au manque de couverture mobile 4G qualitative dans le village. En effet, un arrêté du 27 mai 2020 a identifié la commune d’Escoussans comme une « zone blanche », obligeant ainsi les opérateurs à intervenir depuis la signature en 2018 du plan d’action New Deal Mobile… Un dispositif créé dans le but de résorber la facture numérique sur le territoire français.
Ainsi, en octobre dernier, le projet a donc été lancé par SFR et la mairie d’Escoussans avec un premier objectif : trouver un terrain privé à louer pour accueillir l’antenne, la commune ne disposant pas d’un point assez haut pour assurer une couverture fiable. À ce jour, si plusieurs parcelles bien différentes ont été envisagées, c’est celle de Liron qui semble plus que privilégiée par la mairie d’Escoussans, et c’est là que le bât blesse…

Mairie d’Escoussans

Un choix plus avantageux pourtant écarté…
Alors, qu’en est-il des deux possibles zones d’implantation présentées par la marie en février dernier ? D’abord, à Bastien, l’antenne aurait été installée à proximité de la route départementale, à l’orée d’un bois dont les arbres auraient caché la partie basse de l’armature. Dans son communiqué, la mairie confirme même qu’une implantation à cet endroit assure « couvrir à 100 % la projection initiale, et même plus. » De plus, la zone étant considérée comme un point haut, le pylône n’aurait besoin de mesurer que 36 mètres… D’autre part, l’antenne prévue pour Liron serait positionnée au bord de la route nationale, proche d’un bois couvrant également sa partie basse. Cependant, la couverture ne serait pas jugée aussi bonne par les prévisions de SFR, et l’antenne mesurerait 42 mètres, la zone étant moins haute qu’à Bastien. Ainsi, au premier coup d’œil, le choix entre ces deux communes semble tenir sur des détails… Jusqu’à ce que l’on s’intéresse aux éléments extérieurs.
En premier lieu, les habitants de Liron insistent sur l’aspect dénaturant d’une telle installation dans leur paysage et leur cadre de vie. Les communes de Soulignac, Arbis, Laroque, Escoussans, Rions et Cardan seraient impactées visuellement par l’implantation du pylône, mais aussi financièrement, puisque la valeur immobilière des habitations baisserait drastiquement. Selon la loi, le maire peut donc refuser le projet d’implantation, ou lui imposer des prescriptions spéciales, s’il est de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, sites et paysages, comme il est écrit dans le Code de l’urbanisme. « En plus de cela, il y a dans la ligne
de mire de l’antenne le château de Benauge, qui est un lieu classé, et le Monastère de Broussay, qui devrait le devenir », ajoutent les riverains à leurs revendications. Comment la mairie en vient donc à privilégier la commune de Liron aussi rapidement ?

Escoussans et le site de Liron en rouge

Pour des raisons douteuses ?
À cette question, les habitants du fameux lieu-dit ont encore une fois une réponse bien précise : « c’est juste du copinage. On montre bien par a plus b que ce serait mieux à Bastien, et pourtant la maire va quand même choisir de mettre son antenne chez nous, pour des raisons de copinage seulement, rien d’autre ! » En effet, le président de l’association de riverains de Liron accuse la mairie d’Escoussans d’avoir volontairement éloigné la possibilité d’installer le pylône à Bastien, afin de ne pas « se mettre à dos certains amis vivant à proximité de la zone, et gêner les palombières ». Fait totalement assumé par la commune dans son communiqué, en février : « le lieu de Liron semble le plus favorable pour concilier une couverture optimale de la commune et la préservation de l’environnement, de la proximité des habitations et des palombières. » Cependant, comme l’explique le président de l’association, les terrasses de maisons de Liron donnent directement sur l’antenne à 150 mètres, tandis qu’à Bastien le pylône ne serait jamais vu directement, se trouvant à 150 mètres également, mais en position latérale, hors de la vue permanente des habitants. De plus, une palombière se trouve également à proximité du lieu de l’antenne à Liron…
Ainsi, même les éléments objectifs avancés par la mairie d’Escoussans semblent invalider ce choix, déjà dénigré par les riverains de six communes d’un point de vue plus subjectifs. Contactée à plusieurs reprises, Catherine Bertin, maire d’Escoussans, n’a pas souhaité s’exprimer sur la situation. De leur côté, les membres de l’association de riverains continuent d’exprimer leur mécontentement à travers une pétition en ligne, mais aussi une lettre adressée à l’Architecte des bâtiments de France, et au Ministère de la Transition écologique. Une action en justice reste également envisagée pour dénaturation de l’environnement.

Ecrit par Théo Amilhat


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