Bordeaux

Les étudiants face au mouvement Gilets jaunes

Le week-end dernier a eu lieu l’acte 8 des manifestations des Gilets jaunes. Ce mouvement qui a rythmé l’actualité de fin d’année en France depuis plusieurs semaines semble continuer en 2019. Représenté dans la presse et les médias particulièrement par des salariés issus de classes moyennes ou parfois des retraités les étudiants n’ont pu que très peu s’exprimer à ce sujet.

Le premier acte s’est déroulé le samedi 17 novembre, partout en France. Depuis, tous les week-ends c’est rebelote. Ce mouvement social initié sur les réseaux sociaux et par les appels à la manifestation a semble-t-il l’effet escompté. Assurément, énormément de citoyens français se sentent concernés par cette initiative sociale et prennent part aux manifestations. Déclenché à la suite de l’augmentation du carburant jugée exponentielle par les français, le mouvement des Gilets jaunes s’étend rapidement et les revendications se multiplient. Ces dernières reposent notamment sur la hausse des salaires en particulier pour les emplois dits précaires, l’augmentation des retraites et la réduction d’inégalités de richesses. Certains vont même jusqu’à demander la démission d’Emmanuel Macron. Le président de la République semble gouverner un pays pour les classes aisées, délaissant les classes moyennes et classes populaires. Pour la plupart des français, les privilèges accordés aux riches doivent cesser. Le mécontentement et la colère des citoyens se fait ressentir au fil des semaines. Les manifestations deviennent de plus en plus violentes et des casseurs prennent part à ces incidents. Les forces de polices mettent alors un point d’honneur à faire respecter l’ordre quitte à utiliser la violence à outrance. Ces violences policières, subies généralement par des jeunes de banlieues, touchent maintenant tout le monde. Des affrontements éclatent dans les grandes villes entre manifestants et policiers. Tout cela sème une cacophonie générale en ce début de nouvelle année. Aussi, le président de la République et ses ministres sont obligés d’agir pour trouver des solutions pour calmer cet incendie social qui s’embrase semaine après semaine. D’autant plus que les manifestations ne vont pas s’arrêter là. Après l’acte 8, c’est logiquement l’acte 9 qui se met en place. Le grand débat national, prévu le 15 janvier risque d’être déterminant pour la suite des événements. Les thématiques qui y seront abordées seront celles autour de l’écologie, la fiscalité ainsi que les services publiques, un débat national où les plus jeunes ne devraient vraisemblablement pas avoir leur mot à dire.

Campus Montaigne Montesquieu

Bien qu’ils soient moins concernés par les principales revendications des gilets jaunes, les étudiants ne se désintéressent pas de cette impulsion sociale pour autant. Quelques-uns d’entre eux se sentent relativement investis et ont même manifesté à plusieurs reprises. D’autres se renseignent, s’interrogent et s’informent sur le mouvement, sa création, ses mutations, ses objectifs. Beaucoup ont l’air perplexes, mitigés entre les débordements et dégâts causés et la légitimité de cet agacement général. Ainsi, d’après un sondage réalisé auprès d’une cinquantaine d’étudiants de l’université Bordeaux Montaigne, 68% des personnes interrogées trouvent le mouvement des Gilets jaunes légitime mais jugent son organisation largement perfectible afin de gagner en clarté et en crédibilité. Le reste des étudiants sondés est totalement partagé. D’un côté 14% pensent que tous les moyens sont bons pour manifester la grogne du peuple français et faire agir le gouvernement en conséquence. De l’autre, près de 18% des jeunes adultes expriment leur « ras-le-bol » face à ce mouvement ayant pris des ampleurs démesurées, affectant l’image des citoyens français. A la suite de ce sondage, certains étudiants ont voulu étayer leurs propos. Selon Julie, étudiante de 20 ans, « Ces manifestations sociales sont bonnes sur le fond. Si cela peut faire bouger les choses pourquoi pas. Par exemple à la suite de ça de nombreuses mairies ont mis en place des cahiers de doléances. Malheureusement, les débordements ne servent pas la cause.  » Ses propos rejoignent en quelque sorte l’avis général de plus deux tiers des étudiants sondés. Pour Roman 20 ans également, cette initiative repose sur « Un rejet du système. A l’image de la montée du FN et de Marine Le Pen lors des dernières élections, les gens en ont marre et rejettent le système. » Une opinion assez pertinente puisque d’après une enquête d’opinion réalisée par Elabe à la fin de l’année 2018, plus de 42% des électeurs de Marine Le Pen se définissent comme gilets jaunes, contre 20% pour les partisans de Jean-Luc Mélenchon et 5% concernant ceux d’Emmanuel Macron. Les revendications du mouvement semblent en effet proches de la gauche radicale, rejoignant sur de nombreux points l’extrême droite. De loin ou de près, en tant que participants ou simples observateurs, les étudiants restent à jour et impliqués à propos de ce phénomène d’ampleur nationale.

Ecrit par Charly Chateau


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