Bordeaux
« Nom d’un certain nombre d’instruments de locomotion dont la mise en marche est produite par les pieds ». Telle est à la fin du XIXème siècle la définition de l’engin appelé vélocipède que nous finirons par appeler bicyclette et qui va très vite être adopté par un grand nombre de bordelais et même de bordelaises.
Un nouveau look
Les premières adeptes bordelaises du vélocipède vont arborer un surprenante tenue de « velocewomen » avec culotte bouffante, corsage d’amazone flanqué d’énormes manches avec sur la tête toque ou canotier, polo ou capote et toujours une voilette destinée à se protéger de la poussière. Ces précurseurs vont être raillés, ainsi à l’arrivée en 1895 du nouveau président de la République un chroniqueur peu favorable prédit : « M. Felix Faure durera autant que le cyclisme … ».
Le vélocipède se démocratise
Alors que vers 1900 le prix des bicyclettes baisse, le nombre d’adeptes de ce qui est déjà « la petite reine » grandit très vite et on recensera en 1902 en Gironde, 25618 bicyclettes. Les « Nouvelles Galeries » et les « Dames de France » mettent en vente des vélocipèdes, les cycles girondins « Cazenave » concurrencent les marques « Peugeot » et « Française-Diamant ».
Les Clubs vélocipédiques
Dès 1878, époque où l’achat d’un vélocipède représente trois mois de la solde d’un lieutenant, est créé le premier club, le « Véloce-club bordelais ». Viendront ensuite de nombreux autres clubs dont le Vélo-touriste bordelais, le très élitiste « Club vélocipédique », le « Guidon bordelais », l’ « Union cycliste bordelaise » ou encore le « Vélo-Touring-Club » dont les membres se contentent de promenades, et dont les règlements stipulent que « la vitesse de marche ne doit pas dépasser quinze kilomètres/heure et sera contrôlée par un entraineur automatique fixé sur la machine du capitaine de route ». Les cyclistes admettent les femmes et organisent des compétitions. Des clubs corporatifs se créent avec le « Vélo-Touriste-Commercial » réservé aux employés du commerce et la fameuse « Société des cyclistes-coiffeurs et parfumeurs girondins ».
La Compétition, les Vélodromes
En 1901 la roue libre remplace le pignon fixe, Le Tour de France remporté par Maurice Garin commence à intéresser le public. Une course Bordeaux-Paris, organisée par des fanatiques bordelais, met en émoi les milieux sportifs. Bordeaux va ainsi se doter de plusieurs vélodromes.
L’un créé en 1894 à Mondésir, près de l’avenue de la République n’aura qu’une brève existence de 2 ans suite à une vente au Tribunal, l’autre inauguré le 1er Mai 1893, appelé Vélodrome du Parc, se trouve aussi à Caudéran près du Parc bordelais, la rue du Vélodrome témoignant encore aujourd’hui de l’existence de cette piste d’un tiers de kilomètre qui disparaîtra en 1924.
Jiel-Laval et les frères Loste qui avaient un magasin de cycles cours du XXX Juillet s’illustrèrent sur cette piste, surtout en tandem pour les deux frères. La chronique de l’époque nous raconte qu’au Vélodrome du Parc, ils triomphèrent de Zimmerman surnommé le « Yankee volant » qui faisait une tournée triomphale et essuya à Bordeaux sa première défaite. Quelques années plus tard ils battirent le fameux « Major Taylor ».
La période des élégantes « velocewomen » va se terminer, place à la compétition et beaucoup plus tard, aux fameux VCub, qui dureront sans aucun doute beaucoup plus longtemps que le "mandat de Felix Faure" !!!
Source : La Belle Epoque à Bordeaux - Albert Rèche

Ecrit par Dominique Mirassou
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