C’est avec des températures records, et une affluence qui l’est tout autant que le premier week-end du festival du Hellfest s’est déroulé ce week-end du 17 au 19 juin avec 3 jours de concerts, près de 200 000 festivaliers sur le site de Clisson, et un mercure monté à 43/44°C.

Qu’il était attendu ce week-end par les centaines de milliers de fan de métal, rock, death, punk, et amoureux des gros riffs de guitare électrique. Après 2 ans de silence, le Hellfest a pu revivre et réouvrir les portes du château de l’enfer et dès les premières minutes d’ouverture, le public a répondu présent dès les premiers concerts. La billetterie était déjà vide de billet pour le festival, mais l’on trouvait malgré tout quelques revendeurs devant les portes proposant des entrées, parfois à prix d’or, parfois à prix cadeau pour s’en débarrasser, et les possesseurs du premier sésame, se sont rués vers deux points stratégiques qui font un bon Hellfest : des scènes avec des concerts incroyables, et les bars pour la fameuse bière de début de festival.

Un incroyable décor

Le site du Hellfest, c’est aussi un village dans le village. Un décor sur-réaliste, des sculptures géantes, des statues, et lorsque la nuit tombe, c’est le véritable enfer, avec une boule de feu géante, des jets de flamme en continue, des spectacles d’hommes du feu, et des lanternes qui illuminent le festival. On y retrouve aussi une grande roue qui permet entre autre de voir tout le site vu du ciel, ainsi qu’une importante variété de stands pour se restaurer ou s’hydrater. A l’extérieur du festival on retrouve le « Métal Corner » où on y trouve un barbier, des tatoueurs, des stands de guitare ESP, ainsi qu’un Extreme Market pour faire des emplettes et trouver des articles collectors.

Surveillance garantie

Les moments forts du festival Hellfest sont assurément conditionnés par les concerts et la programmation. Sur les 3 jours, le moins que l’on puisse dire, c’est que les festivaliers présents ont été servis, et ont pu se régaler avec 159 concerts en 3 jours. Oui, il est forcément impossible de tout voir, et il faut parfois faire des choix importants et difficiles, mais malgré tout, la possibilité de voir quasiment plus de 15 concerts est faisable pour l’ensemble de la journée. Autant vous dire qu’au prix du billet à la journée, c’est vite rentabilisé.
Bordeaux Gazette a suivi pour vous bon nombre de concerts, sur les 6 scènes du festival (MainStage 1, MainStage 2, Valley, Altar, Temple, et la war Zone), et vous allez pouvoir retrouver et vivre le festival au travers des clichés de notre photographe.

Bienvenue au Hellfest

Parmi les concerts, le premier jour, il y a eu les confirmations comme The Offspring avec les tubes les plus connus et un Dexter Holland en grande forme et en pleine possession de sa voix, lui qui est parfois décrié pour son manque de justesse vocale. Un concert d’une heure vraiment agréable où le public s’en ai donné à cœur joie. Il y a eu aussi les Dropkick Murphys pour un concert complètement déjanté et son jet de confettis dès le deuxième morceau pour emporter avec lui un public conquis à leur cause, ou encore le show Frank Carter & the Rattlesnakes qui est descendu dans le public afin de se mettre debout sur eux ou en poirier, ou au milieu du Circle pit avant de remonter sur scène et enchaîner un concert avec une énergie folle malgré la chaleur. La chaleur n’a pas arrêté non plus Inspecteur Cluzo pour un duo Batterie/guitare au son excellent, et où sur le dernier morceau, Malcom à la guitare s’est amusé à taper dans la batterie pour la faire tomber avec Phil qui a continué de jouer jusqu’au bout. Les Suicidal Tendencies ont clôturé la soirée sur la war zone où le public a enchainé les Circle pit (le fait d’un mouvement de foule qui tourne en rond dans la fosse sur le rythme du son) dans un live où le groupe était monté sur ressorts. Sur la scène du temple, scène de black métal, autant d’artistes maquillés que déguisés se sont succédés, et on fait résonner le son très saturé des guitares comme Mephorash, Abbath.
Les autres groupes de ce premier jour ont magnifiquement rempli le contrat de faire dès l’ouverture, l’édition du millénaire : Mastodon où le guitariste s’est fait porter par le public, Deftones avec un Chino Moreno en grande forme, Laura Cox qui aura eu un passage remarqué sur la MainStage 2…

Mephorash

Lors du second jour, la sensation était le retour de Ghost à Clisson assurant un remplacement au pied levé, mais le concert a dû être écourté à 3 morceaux de la fin, car le chanteur Tobias Forge a perdu sa voix. Le show jusqu’alors époustouflant s’est achevé par des tirs de confettis, des flammes, et un final anticipé qui sera pour beaucoup passé inaperçu. L’autre sensation de la soirée était la venue du groupe britannique Deep Purple et son célèbre « Smoke on the water », et si le concert a attiré les foules, le groupe a semblé « fatigué » à commencer par le chanteur Ian Gillan. Côté musicien, c’est même un autre guitariste Simon McBride qui a rejoint le groupe en mai-juin, remplaçant le fameux Steve Morse pour des raisons familiales.
D’autres concerts se sont enchainés comme Mégadeth qui aura eu des avis mitigés de la part du public parfois déçu, parfois ravi, tout comme pour le passage de Soen, mais fort heureusement certains groupes tant attendus ont aussi donné satisfaction comme le groupe de heavy métal Steel Panther dans les tenues d’époque qui ont donné chaud au public jusqu’à faire monter une cinquantaine de femmes sur scène souvent poitrine apparente pour le plus grand plaisir du chanteur Michael Starr littéralement amoureux de l’une d’entre d’elles. Michael Starr qui a par ailleurs fait une apparition sur scène avec le groupe The Darkness pour la chanson « I Believe in a thing » et terminé le concert très agréable de Justin Hawkins et sa troupe. Sepultura, Alestorm, Heaven shall Burn ont aussi conquis le public et aussi Rival Sons malgré quelques problèmes de son.
Mais la grosse claque est venue de Airbourne avec son leader Joel O’Keeffe qui a remplacé à lui seul le feu d’artifice annulé avec un concert E-X-P-L-O-S-I-F même en finissant sous la pluie.
Pour celles et ceux qui ont raté ce concert, le groupe rejouera samedi à 19h sur la Mainstage 1 avec pour certitude la même énergie, folie, et communion avec le public.

Alestorm

Sur le troisième et dernier jour de la première partie du festival, la programmation affichée avait de quoi réunir tout un public hétérogène, sous une journée qui s’annonçait moins chaude que les précédentes. Si on vous dit Judas Priest, Korn, Gojira, Running Wild, Sick of it all, Deven Townsend, et le groupe japonais Maximum the hormone, on vous laisse imaginer dans quel état ont finis les plus de 60 000 festivaliers présents. Les landais de Gojira sur un créneau de 23h15 à 00h45 avait prévu de mettre le feux aussi bien sur scène avec les canons à flamme, qu’auprès du public avec l’ambiance, la musique, et les titres. Pour énormément de personnes présentes, ce fût même le meilleur concert de tous les temps pour le groupe crée il y a plus de 20 ans. Le Hellfest est un festival démesuré, à tel point que le leader de Judas Priest quelques minutes plus tôt est arrivé sur scène au guidon d’une moto pour un des concerts le plus attendus de ce premier week-end. 1h20 de pure bonheur pour Rod Halford du haut de ses 70 ans. Dès la conférence de presse à 18h, le groupe Korn semblait bien décidé à faire ancrer le concert dans les têtes. Jonathan Davis et son pied de micro emblématique de corps de femme, ainsi que les musiciens Brian Welch, Ray Luzier, James Shaffer et Reginald Arvizu ont repris les grands classiques du groupe comme notamment « Freak on a Leash » qui a mis le public sans dessus dessous.

Korn

Alors que le feu d’artifice annulé la veille a été tiré juste après le concert de Gojira, les groupes Running Wild et Sick of it all ont clôturé ce premier week-end de folie avec une affluence encore impressionnante même à 1h15 du matin. Être programmé au Hellfest est pour les plus gros noms une normalité, pour les noms un peu connus une confirmation, mais c’est aussi une chance et une consécration d’être programmé sur le plus grand festival français. Ainsi sur cette journée, les groupes Sortilège, Kontrust, Lacuna Coil, Battle Beast et sa chanteuse vétue de corne, les 3 jeunes de Lysistrata qui ont montré qu’ils avaient clairement leur place sur la scène Valley, Walls of Jericho et sa chanteuse à la voix atypique, et bien d’autres se sont enchainés sur cette journée qui a également finie sous les gouttes d’eau.
Autre moment fort de ce week-end, c’est aussi la montée sur la grand scène Main Stage du groupe ukrainien « Jinjer » reçu par un public tout d’abord connaisseur, mais également sensible au conflit actuel entre l’Ukraine et la Russie puisque des dizaines et dizaines de drapeaux ukrainiens flottaient devant la scène. Le groupe s’est même offert une photo à la fin du concert comme pour graver ce moment dans le marbre. Un moment fort, émouvant, et un concert qui fut excellent notamment avec sa chanteuse Tatiana Shmayluk à la voix aussi douce que hardcore et la chanson « Pisces ».

Tatiana Shmayluk du groupe Ukrainien Jinger

Le feu d’artifice qui lui, devait être tiré ce samedi, a été décalé au dimanche soir en raison de la canicule du samedi, et du risque d’incendie. Une décision forcément sage et normale en raison des fortes chaleurs et de la sécheresse à ce moment là sur la plaine de Clisson. Il a finalement été tiré le dimanche après le concert de Gojira, depuis l’arrière de la War Zone pendant le concert de Sick of it all. Un regret cependant de ne pas avoir décalé ce concert de quelques minutes afin de profiter pleinement du feu d’artifice qui était programmé avec une musique et qui du coup, n’a pas été entendu par les festivaliers présents à la war zone.

Côté chaleur, et fortes températures du vendredi et samedi, le festival a très bien géré les difficultés en mettant à disposition d’importants moyens pour s’hydrater et de se rafraîchir. Des points d’eau pour boire et remplir les gourdes/gobelets, mais aussi des murs d’eau géants, des brumisateurs à tous les coins du festivals, des zones fraicheurs, et enfin des lances à eau utilisées depuis la scène vers le public présent parfois pendant de longues heures pour voir les idoles, ou aux 4 coins du site pour rafraîchir et faire tomber le temps d’un instant, la température du corps. Sur 3 jours, c’est un peu plus de 800 personnes qui ont été pris en charge par les secouristes, et une vingtaine emmenés au CHU de Nantes. Si ce chiffre au premier abord peut paraître important, il est très faible par rapport à la fréquentation et à l’importante montée des températures, cela représente 0,004% des personnes présentes sur le festival.

Parfait pour lutter contre la chaleur

Si le festival a cette année veillé à la tranquillité des riverains de Clisson, en mettant à disposition deux grands parking (East et West) sur 40 hectares, le directeur du festival Ben Barbaud reconnaît que ce n’est pas encore suffisant malgré une vraie amélioration. Ce sujet est donc un axe de progression certain à anticiper pour les prochaines éditions. Le stationnement sauvage dans le village de Clisson a été anticipé avec beaucoup de barrière, des rubans, de blocs-stops, et malgré que la fourrière a enlevé quelques voitures, cela s’est relativement bien passé. Sur le parking West, où un principe de bus navettes a été mis en place emmenant le public sur le festival en 5min, des soucis de bouchons ont également été problématiques et ont empêché grand nombre de festivaliers d’accéder rapidement au festival, car les bus navettes se sont retrouvés bloqués au milieu des voitures à l’arrêt.

Laura Cox heureuse de sa prestation

Le festival du Hellfest a prouvé une nouvelle fois, qu’il était le plus grand de tous les festivals en France, et un des plus grands dans le monde, grâce à une programmation, et une organisation incroyable. La plaine de Clisson s’apprête à vivre à nouveau pendant 4 jours dès ce jeudi 23 juin et jusqu’au dimanche 26 avec les têtes d’affiches comme Mettalica, Scorpions, Guns n’Roses, Alice Cooper, Nine Inch Nails avec près de 300 000 personnes attendues. Espérons cependant que le temps soit de la partie, et que cette nouvelle édition se déroule parfaitement.
Texte : Antoine Cousin
Photos : Loïc Cousin

Ecrit par Loïc Cousin

Chez Bordeaux Gazette depuis 2016, j’assure essentiellement la couverture des concerts/spectacles/festivals sur la région Nouvelle-Aquitaine, et également la couverture d’évènements sportifs. Je m’occupe de la rédaction des articles, illustrés de mes photographies. Je travaille à côté comme photographe Freelance auprès des productions, agences, clubs de sport, fédération, presses et médias.

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