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Montherlant : suicide, mode d’emploi

Les surréalistes prétendaient que leur vie était le meilleur de leur œuvre. Le peintre bordelais Pierre Molinier n’a pas oublié de couronner son œuvre d’un suicide fulgurant et tira sa révérence sans avoir négligé de remplir de pâtée la gamelle du chat.
Innombrables sont les écrivains qui se sont donné la mort : Hemingway pour ne pas affronter la vieillesse, Mishima parce qu’il estimait que la culture japonaise fichait le camp, Drieu La Rochelle par crainte de l’épuration, Stephan Zweig, parce qu’il estimait que le monde occidental était en pleine déchéance, Romain Gary parce qu’au-delà de cette limite, son ticket n’était plus valable.... Les raisons sont multiples et les suicides d’artistes sont rarement des suicides ratés.
Montherlant qui ne fit jamais rien comme personne se suicida deux fois le 21 septembre 1972, jour de l’équinoxe qui avait hanté son œuvre. Il avala du cyanure et se tira une balle dans la tête. A 16 h exactement, pour qu’on trouve immédiatement son cadavre et qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur son ultime décision.
La mort était pour lui une compagne familière. Il en avait beaucoup parlé, et beaucoup écrit à son sujet. Il se moquait de ce que deviendrait son cadavre et interdit toute pompe funèbre. Jean-Claude Barat et Gabriel Matzneff décidèrent de disperser ses cendres sur le Forum, exactement à l’endroit où, selon la légende, la louve avait allaité Romulus et Remus. "Ce fut, écrivit Matzneff, un acte presque liturgique, plein d’émotion et de piété. L’amour de la Rome antique était notre seule complicité. Montherlant s’est suicidé parce qu’il aimait la vie..."
Pour cette ultime rencontre avec un des plus grands écrivains du XXème siècle qui aura lieu le dimanche 15 septembre à 17 h au château de Mongenan, Florence Mothe racontera le cheminement qui a conduit Montherlant à cette décision ultime. Les philosophes entretiennent avec la mort un rapport singulier, intime et presque chaleureux. Il n’en plaisantent pas, mais s’accommodent à la présence de cette compagne turbulente. Montaigne ne disait-il pas déjà que "philosopher, c’est apprendre à mourir ?"
Renseignements : château de Mongenan 05 56 67 18 11.
Visite à partir de 14 h, conférence à 17 h suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine,
entrée 10 €.

Rome, le forum où les cendres de Montherlant furent dispersées

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