Bordeaux
C’est sur une scène en plein air que ce coup d’envoi a eu lieu devant un nombreux public qui n’a pas craint les premiers froids. Le spectacle offert concourrait à la parade de rue sur des rythmes entraînant à base de percussions qui étaient parfaits pour réchauffer l’atmosphère. Un travail sur la lumière et la couleur des vêtements pouvait laisser penser un instant qu’on était encore en été.
Ainsi pour ouvrir ces quinze jours de festival, autant le faire avec un son vibrionnant, celui de Velotronix. Le groupe Belge a bricolé une beatmachine qui rend les rythmes qui les fascinent et qui, tous, concourent au principe de la parade de rue, que ce soit le gnawa marocain, le voodoo béninois ou le rara haïtien. C’est enjoué, rudement prenant et toujours rassembleur comme on a pu le constater lors de cette soirée. D’autant qu’ils sont entourés de musiciens et danseurs de hip-hop amateurs qui ont eux mis leur énergie à lancer bien haut cette dixième édition de Novart.
Pour souligner le leitmotiv rafraîchissant qui sous-tend cette quinzaine, deux univers vont se percuter ensuite sous la thématique des "Rencontres Improbables". Celle du tourbillon hip-hop des danseurs de Kader Attou, directeur du centre chorégraphique national de La Rochelle, qui après être passé par le cirque, et des musiques improbables aux possibilités infinies de Bumcello. Jazz, rock, électro, musiques africaines, indiennes... ont animé cette soirée d’ouverture.
Le pilotage artistique de cette 10e édition a été confié au danseur et chorégraphe Hamid Ben Mahi, qui a choisi de mettre le festival sous le signe des "Rencontres improbables" comme a voulu le démontrer cette première soirée de lancement. Dans son édito de présentation de Novart, il précise : "J’ai créé ma compagnie pour être dans une démarche singulière : répondre au besoin d’emmener la danse hip hop sur de nouveaux chemins artistiques, en se plaçant à la marge, loin de la norme. Il s’agissait de transcender les représentations de cette danse, de répondre à une urgence de dire et de faire. Lorsque l’on suscite l’improbable, on se met en position d’aller vers une voie que l’on ne connaît pas". Ainsi il a donné rendez-vous du 14 au 30 novembre, car la machine est déjà lancée, afin de partager un voyage artistique qu’il souhaite, à tous, légèrement improbable !

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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