Incompréhension et révolte dans les casernes de l’armée rose

L’air à Paris devient irrespirable… et le pic de pollution n’y est pour rien. L’intoxication est essentiellement politique avec des symptômes très fort de dépression collective jamais égalée chez les élus socialistes. Ils marchent à tâtons, hébétés et fragilisés dans un brouillard institutionnel cherchant quelle peut être la direction du « sauve qui peut ». Certes on leur a envoyé des cohortes de techniciens de la vie politique qui se chargent de leur expliquer qu’en période de « guerre » on n’a pas le temps de faire de la chirurgie esthétique mais qu’il faut amputer, sacrifier afin de faire réussir le général en chef, mais rien ne les rassure. Une avalanche d’obus venus de la droite s’abat sur le théâtre des opérations tandis que les désertions se multiplient à gauche. Mutilés, assommés, blessés et pas seulement dans leur amour-propre ils tentent de chercher sur le terrain des motifs de croire encore en autre chose qu’une déroute encore plus forte. Ils ont remontés contre tout ce qui peut représenter le pouvoir parisien qu’ils rendent responsables de leurs malheurs actuels.

A l’arrière du front où se mènent chaque jour les batailles au corps à corps pour défendre les positions acquises on a l’impression que personne ne connaît la situation exacte des troupes. La débandade ! De partout arrivent de mauvaises nouvelles sur les suites de l’offensive de fin mars mais rien n’y fait : la « chair à canon » des élus locaux morts dans les tranchées des municipales est passée par pertes et profit. Au point que les « survivants » commencent collectivement à douter fortement de la stratégie tellement l’hécatombe est impressionnante. Tout le monde a peur pour sa peau face aux décisions prises par les donneurs d’ordre et on sent que le chacun pour soi devient la règle générale.

Il y a d’abord la catégorie des convaincus qui savent tout des raisons de la déroute prévue. Celle là prétend qu’il n’y a aucune autre solution fiable autre que celles de décimer le régiment « conseil général » et ses milliers de cadres ayant pourtant utilement participé à la campagne présidentielle. On suppute sur le soutien qu’ils pourraient apporter s’il leur fallait faire bloc pour soutenir le général Manuel Valls. A Paris députés et sénateurs sont bien différents de la province ou de la banlieue et ils sont aux ordres. Ils avouent à demi-mot que leur crainte c’est le poteau d’exécution que représenterait une « dissolution » ne paraissant plus du tout hypothétique. S’ils se comportaient mal, s’ils barguignaient, s’ils protestaient pour soutenir la disparition programmée du « régiment de proximité » des territoires français on sortirait la menace du renvoi devant le feu nourri des critiques du peuple armé d’un bulletin de vote. On murmure que cette décision interviendrait si, par malheur, une révolte privait le « commandement » de ses troupes d’élite nationale au moment de la bataille des prochaines semaines. Et tout le monde prévoit donc une nouvelle défaite prochaine au Sénat mais surtout brandit des prévisions voulant que si on démobilisait prématurément les soldats d’élite majoritaire de l’Assemblée il n’y en aurait qu’une soixantaine qui reviendrait vivants d’une expédition prématurée dans les circonscriptions.

Les grognards ayant fait toutes les campagnes regimbent. Les tireurs d’élite se planquent. Ils se donnent l’illusion que rien n’est perdu mais ils pensent secrètement que rien ne peut les sauver d’une mort programmée. Ils errent dans les couloirs du pouvoir avec le sentiment désespérant de ne compter pour personne. Ils accusent les « Marie-Louise » du parti de ne penser qu’à sauver leur peau et à laisser couler ce qui fait pourtant l’essentiel des forces armées socialistes. Ces pionniers de la lutte politique montrent leurs muscles, donnent de la voix, cherchent à s’allier avec les ennemis de hier pour défendre leurs citadelles assiégées ou promises au démantèlement. Ils pèsent moralement mais ils finissent par admettre qu’ils sont impuissants face aux décisions péremptoires de l’Etat-major.

Il existe une forme de geste désespéré dans leurs actes comme ceux des gens qui s’estiment trahis par un ordre ne tenant pas compte de tout ce qu’ils auraient apporté au parti en danger. On cite des noms de « traîtres », on évoque les « services secrets » dont on aurait des informations de premier ordre souvent contradictoires et surtout on se promet de mourir glorieusement, les armes à la main. Bref les casernes socialistes sont agitées et en pleine ébullition. L’armée de la rose privée de plus en plus de fantassins militants et désormais décimée de ses cadres après deux vagues d’assaut mortelles qu’ont été les municipales et l’annonce de la suppression des casernements départementaux. On sent comme un vent de panique ! Surtout que tout le monde est intimement persuadé que le chef des armées que l’on a installé au château n’a le regard fixé que sur la ligne rose de 2017 se souciant peu du sort des victimes qu’il laisse derrière lui. Du moins c’est le sentiment des observateurs avisés qui parlent de démission, de retraite et de démobilisation. Des mots jamais entendus antérieurement.

Ecrit par Jean-Marie Darmian


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