Bordeaux
7ème du nom, tenu dans d’excellentes conditions du 6 au 12 mai, dans le cadre de « quatuors à Bordeaux », organisation membre de la Fédération mondiale des concours internationaux de musique, ce concours a tenu toutes ses promesses. C’est le Quatuor Schumann qui a été couronné pour cette édition, suite à une finale de très haut niveau.
La semaine du quatuor à cordes
Pendant sept jours, ce fut la fête de la musique de chambre avec, en alternance, les épreuves du concours pour la première fois au nouvel auditorium et les concerts d’ensembles confirmés au Grand Théâtre (quatuor Belcea), à l’auditorium encore (quatuor Quiroga), salle Mably (carte blanche aux quatuors du concours), au château Lafite Rothschild (Alain Meunier, Anne le Bozec).
Le retentissement de ces manifestations, leur incontestable succès, les commentaires qu’elles ont suscités, tout ceci s’ajoute à l’offre culturelle de la ville de Bordeaux, très diverse, foisonnante même si l’on songe, par exemple, aux expositions ponctuelles (Venise au château Labottière) ou permanentes dans nos nombreux musées, aux représentations théâtrales dans nos nombreuses salles de spectacle (TNBA et autres), au Salon du Livre tenu récemment, au lyrique (la flûte enchantée du 29 mai au 10 juin au Grand Théâtre), au ballet de classe internationale, à l’ONBA que Sarastro ne saurait oublier (il se dit que le chef d’orchestre anglais Paul Daniel pourrait succéder à Kwamé Ryan, en fin de contrat), bref…la culture à Bordeaux se porte bien et elle se répercute au-delà de nos murs ! Est-ce trop dire que nous en sommes heureux et fiers ?
Le concours
Il a attiré un nombreux public, plus dense que lors des éditions précédentes ( impact de l’auditorium, publicité plus importante ?)
14 ensembles de plusieurs nationalités se présentaient aux suffrages du jury dans des programmes mi-imposés, mi-libres où des œuvres contemporaines ont trouvé leur place aux côtés des grands classiques ( Haydn, Beethoven) et romantiques ( Schumann, Verdi).
La 1ère épreuve, éliminatoire se déroulant sur 3 jours, autorisa une sélection de neuf quatuors pour la deuxième où les choses sérieuses pouvaient commencer afin d’accéder à la finale limitée à quatre ensembles.
Les pronostics allaient bon train dans les travées de l’auditorium et dans le hall pendant les pauses. On se lançait les noms de ses favoris avec des arguments tantôt sympathiques tantôt techniques mais toujours passionnés. Quelques « statistiques » amusantes : dans les œuvres romantiques proposées au choix des concurrents (Schumann et Verdi), 7 ensembles ont choisi Schumann, 2 Verdi. Parmi les cinq compositeurs contemporains, 5 ensembles ont choisi Dutilleux, 2 Xénakis, 2 Ives. Messieurs P. Boulez et E. Carter n’ont pas trouvé preneur !
Les quatre finalistes désignés au soir du vendredi 10 mai furent, selon moi, conformes à la logique et aux prestations des candidats pendant les deux premières épreuves. Nous nous trouvions, le samedi 11 mai au matin, en présence des quatuors suivants : TESLA ( américain), DUDOK ( néerlandais), ELLIPSE ( français) et SCHUMANN ( allemand) prêts à en découdre dans le programme imposé : quatuor d’Albéric Magnard, un quatuor de Mozart à choisir dans 3 opus. A la fin de la journée, le public, massé dans le hall en l’attente des résultats, se livrait à des estimations, à des pronostics dans une excitation artistique qui témoignait de l’intérêt porté au concours. Moi-même je participais à cette émotion fiévreuse.
S’il ne faisait guère de doute que le Premier Grand Prix irait au quatuor allemand SCHUMANN qui avait survolé les trois épreuves grâce à une homogénéité parfaite, une technique et une sonorité superbes mises au service d’interprétations raffinées (dans Mozart surtout), l’attribution du 2ème prix semblait poser problème. Pas pour moi, cependant, ni pour une partie du public, minoritaire, il est vrai. En effet, le quatuor néerlandais, DUDOK, m’est apparu, au fil des épreuves, solide, homogène, brillant et digne d’être le deuxième prix de ce concours. Ce ne fut l’avis ni de la majorité du public, toute acquise au quatuor franco-asiatique ELLIPSE, ni de celui du jury qui fit bonne mesure en attribuant à ELLIPSE son seulement le 2ème prix mais encore deux autres (dont un partagé avec le quatuor SCHUMANN) fort bien dotés financièrement.
Glorieuse incertitude… des concours, dirons- nous, pour ne faire de peine à personne, humeurs des jurys, du public, influences plus ou moins occultes, etc…
Mais, conclusion : concours réussi, assistance nombreuse et chaleureuse, magnifique 1er Grand Prix au quatuor SCHUMANN ( au nom prédestiné !) qui fera parler de lui. Il était le meilleur.
Bravo à l’organisation, Bravo à la Ville et à sa culture !

Ecrit par Sarastro
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