Bordeaux

Bérénice de Jean Racine au TnBA Le pouvoir ou la vertu ! …

« L’histoire d’un amour impossible entre l’empereur de Rome Titus et Bérénice, la reine de Palestine. Le peuple romain n’accepte pas une impératrice étrangère et Titus doit faire un choix cruel … »

Célie Pauthe la metteure en scène (Directrice du CDN de Besançon ) a été inspirée par Marguerite Duras qui, en 1979 avait réalisé un court métrage, « Césarée », illustrant le retour de Bérénice, répudiée par Titus, dans sa ville de Judée. Les extraits de ce film et la voix de Duras les commentant sont diffusés entre les actes et proposent quelques respirations à la tragédie de Racine. Le plateau, nu comme un désert d’Orient simplement recouvert de sable blanc en couche épaisse et monticules, laisse apparaître comme un mirage, le décor épuré de Guillaume Delaveau fait de grands rideaux translucides en colonne de marbre et en ciel pâle où se fondent les personnages … Et puis dans ce désert, un appartement sobrement souligné par un gris canapé d’angle, quelques coussins, une couverture rose et à jardin une table basse … Il faut imaginer … ! Les costumes dans les gris et les beige hormis la « stola » longue et verte de notre reine nous ramènent aux réalités d’aujourd’hui avec les longs manteaux, jeans, tee-shirts et chaussures de montagne. Mais cette intemporalité durant les deux heures trente, sans lassitude, de cette tragédie, rejoint le mystique et le moderne face aux rythmes des alexandrins de l’auteur. La brutalité des hommes et des guerres aujourd’hui, de l’exil, de la recherche identitaire dessinent une surprenante résonance à cette tragédie de l’appartenance aux sols. Comme la mise en scène parfaitement géométrique et sans effets superflus … C’est simplement beau !

Melodie Richard et Clément Bresson

Clément Bresson d’une belle voix timbrée et corporellement assuré est un fragile et touchant Titus qui nous transporte dans ses incertitudes. Mélodie Richard, très jeune Bérénice, sait être cruelle et frémissante de passion désespérée ; elle nous convainc peu à peu et s’impose dans ce rôle multiple. Mounir Margoum, Antiochus taciturne, habille son personnage de désinvolture et de douleur retenues face à cette reine qu’il aime et cet empereur qu’il admire. Hakim Romatif, Paulin est le digne conseiller flatteur de Titus, philosophe et discret, d’une inflexibilité et d’une probité remarquées. Mahshad Mokhberi, Phénicie, discrète, solide et très présente est la confidente, la nourrice de Bérénice avec qui elle échange en Hébreux pour mieux appuyer encore le lien maternel. Enfin Marie Fortuit, Arsance est ce papillon virevoltant et apaisant pour son maître Antiochus … Voilà une belle équipe énergique qui nous offre là un grand moment de vrai théâtre à découvrir car, hélas, de plus en plus rare sur nos scènes et c’est bien dommage !

A voir encore du jeudi 11 au samedi 13 avril … TnBA salle Vitez

Ecrit par Pierre Chep


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