Quand la communication devient prépondérante, l’inculture et le règne du tout est pareil triomphent !
Il faut vraiment ne rien connaître de la guerre 14-18 pour affirmer comme notre secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants que la vague d’indignation qu’a provoquée le projet d’organisation du concert de rap de Black M à Verdun, est un premier pas vers le fascisme.
Tout mélanger, dans un « tout est pareil » confinant à l’indélicatesse et à l’indignité, oublier que Verdun ce fut 300000 morts dont 100000 sans sépulture, de nombreux villages martyres et nous faire supporter provocations, approximations et manipulations de la part d’un gouvernement envisageant de commémorer le sacrifice de ces soldats en faisant « plaisir aux jeunes », tel est le brillant projet ardemment défendu par nos « on ne peut plus progressistes dirigeants ».
Sus au fascisme
Que dire des déclarations sidérantes d’un secrétaire d’Etat traitant de fascistes ceux qui ont voulu empêcher la transformation de l’ossuaire de Douaumont en arrière-plan d’un divertissement de masse. Du trop facile et misérable réflexe, qui dans notre pays vous fait traiter de fasciste dès lors que vous remettez en cause la bien pensance ambiante et dénoncez l’inculture arrogante qui dicte discrètement ses oukases.
Un enseignement moral sans grand fondement, sans profondeur, amnésique à souhait, sans hiérarchisation des faits, sans beaucoup de connaissances précises et avant tout soucieux de traquer le fascisme là où il n’y en a pas et de prôner un antiracisme de bon ton, tel est le fruit d’années de culture et d’enseignement à la dérive, que nous récoltons.
Difficile dans ces conditions de ne pas se rendre à l’évidence qu’entre un jeune rappeur noir et de vieux réactionnaires, la modernité et la barbarie ont sans discussion choisi leur camp, même si le chanteur n’est pas exempt de textes particulièrement sulfureux.
Tout se vaut
Si tout est culture comme le proclamait « l’éminent Jack Lang », tout est histoire, bref, tout est pareil. En l’absence de silence, de recueillement et de dignité, tout se vaut et c’est le règne de l’à peu près, de l’émotion joyeuse, festive, mais aussi, souvent, oublieuse et destructrice qui triomphe.
Oui, quand tout est pareil, distinguer la mort souvent lente, gémissante et affreuse de poilus dans les profondeurs d’une nuit glaciale et les rythmes d’un morceau de rap devient tout à fait impossible.
Les communicants ont tout en main, l’émotion peut alors submerger l’assistance, les poilus n’en seront qu’un peu plus oubliés et définitivement morts.

Ecrit par Dominique Mirassou
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