Bordeaux

Souvent menacée par les urbanistes, promise au déplacement ou à la destruction, la Porte Dijeaux vient de bénéficier d’un nettoyage et d’une remise en état lui redonnant une mine radieuse aux regards des touristes et des bordelais.

Ce que l’on sait moins, c’est que dans les années cinquante elle avait tendance a s’incliner vers la place Gambetta, en 1953 c’était 23, 50 centimètres et en 1969, 31 centimètres. Cette situation a déclenché une réaction du Ministère de la culture qui a entrepris des travaux de consolidation et de restauration de la maçonnerie en 1971. Ce penchant était du à la baisse des eaux souterraines laissant à découvert les pieux de bois qui servaient de fondations, car le contact de l’air les amenant à pourrir cela entrainer la bascule légère et progressive de la porte vers Gambetta. Maintenant il semblerait bien que ce soit la place Gambetta qui ait un penchant vers la porte Dijeaux car il n’y a qu’à voir les travaux de consolidation des façades et la fermeture d’un périmètre de sécurité à l’angle Sud-Est de la place Gambetta nouvellement remaniée. Dans Bordeaux Nouveaux Secrets et Histoires inédites de Philippe Prévôt & Richard Zéboulon on peut lire que l’histoire de son origine a été l’objet d’une polémique entre l’abbé Baurein et l’historien Camille Jullian. Il est précisé que la première porte démolie en 1302 faisait partie des 14 portes percées dans le mur d’enceinte de l’enceinte romaine. Ainsi supprimée, elle fut remplacée par une autre que l’intendant Tourny fit raser en 1744 ayant déjà l’intention de la remplacer par une construction plus attrayante et plus martiale.

Immeuble renforcé a proximité de la porte Dijeaux

On retrouve dans la même publication, l’histoire de cette porte qui fût dessiné par l’architecte André Portier (nom prédestiné précise les auteurs). Les travaux commencèrent en1748 avec le travail d’un charpentier de haute futaie nommé Béziat qui établit les fondations sur pilotis, fondation qui furent à l’origine de l’inclinaison et des travaux de 1971. Tout le gros oeuvre a été terminé en 1753 ainsi que la décoration qui elle, fut réalisée par Claude Francin, avec ses trophées et ses cornes d’abondance, les armes de Bordeaux, celle du roi et le célèbre Neptune qui tourne le dos à la place Dauphine pour regarder du côté du fleuve. L’ensemble de la porte fut réalisé dans la pierre de Grézillac (La commune, de tradition agricole, a vécu grâce à l’exploitation de ses carrières de pierre pendant longtemps. Aujourd’hui c’est la vigne qui tient une place primordiale dans l’économie du village.) Cette porte donna le coup d’envoi de l’aménagement de la place Dauphine (actuelle Gambetta), baptisée par la Jurade en hommage au dauphin, futur roi Louis XVI, et à son mariage avec Marie Antoinette. La porte Dijeaux donne sur un axe qui conduit au fleuve qui n’est autre que le decumanus romain (axe Est Ouest), avec l’axe Nord Sud appelé cardo maximus, modèle sur lequel les romain bâtissaient leur ville. C’est ainsi que sur ce lieu ce sont trois portes qui se sont succédées depuis les origines de la ville en la déplaçant à chaque fois un peu plus vers l’ouest.

Ecrit par Bernard Lamarque

Co-fondateur de Bordeaux Gazette


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