Bordeaux

La Voix humaine / Point d’orgue - Pierre Dumoussaud / Olivier Py

Opéra de Bordeaux - dans le cadre du FAB 21 - Création 2021 / première en public

Trois personnages, deux plumes, un même sujet …

C’est l’histoire de rencontres : celle de Jean Cocteau et d’Olivier Py, deux plumes de théâtre consacrées par leurs époques respectives, mais aussi celles de Francis Poulenc et de Thierry Escaich, deux grands compositeurs. C’est également l’histoire de séparations : dans « La Voix humaine », pièce composée par Francis Poulenc d’après un texte de Cocteau, une femme seule « Elle », interprétée par la soprano Anne-Catherine Gillet doit accepter le départ de son amant. Cette femme est au téléphone, nul moyen d’entendre la voix de son interlocuteur, on ne peut qu’imaginer, nourrir des fantasmes…

« Le Point d’orgue » est une proposition d’écho à ces silences : opéra écrit par Olivier Py et composé par Thierry Escaich, il répartit la parole entre Elle, Lui et l’Autre. Qui est cet Autre pour Lui ? « Son amant, son dealer, son bourreau, son miroir » …

La Voix humaine / Point d’orgue
© Vincent Pontet

Choisir le sujet de la solitude, de la séparation, de la communication impossible (symbolisée, dans « La Voix humaine », par cette conversation téléphonique régulièrement interrompue) pour rassembler et faire communiquer deux époques, là où les personnages, dans une même narration, ne parviennent pas eux-mêmes à communiquer, c’est un bel hommage au pouvoir de l’art.

Aux artistes, également : car le talent confondu des trois interprètes est remarquable. Anne-Catherine Gillet (Elle), après une performance de chant, seule en scène, dans « La Voix humaine » nécessite, outre la partition vocale particulièrement exigeante, l’énergie de tenir la pièce et de la porter seule en plateau. Elle réapparaît dans « Le Point d’orgue » avec une nouvelle couleur, de nouvelles intentions, une nouvelle facette de son personnage servi adroitement. Jean-Sébastien Bou, baryton, interprète (Lui) l’amant parti, et Cyril Dubois, (l’Autre), ont également un véritable challenge musical à tenir. Les trois sont à la hauteur des espérances.

La mise en scène d’Olivier Py est haute en couleurs, le rouge et le noir, immersive, et permet d’entrer rapidement dans l’univers de ce diptyque. Car oui, même si ces deux pièces diffèrent en nombre de points, une tonalité générale en ressort très nettement. Le choix des couleurs, de cette « lucarne » découpée dans la scène, à la fois très intimiste et onirique, lointaine, irréaliste, permet d’emblée de saisir la violence viscérale du besoin de communiquer l’amour et son impossibilité. Donner une voix à (Lui), ce personnage muet mais pourtant omniprésent chez Cocteau et Poulenc, est un parti pris osé.

Olivier Py a-t-il dévoyé la voix muette de l’amant ou, au contraire, a-t-il rétabli la communication ?

Opéra National de Bordeaux BP 90095 Place de la Comédie - 33025 Bordeaux opera-bordeaux.com 05 56 00 85 95

Ecrit par Claire Poirson


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