Bordeaux
Le nom de ce courageux résistant bordelais, Renaud-Dandicolle, figure sur le Mémorial de Bayeux et sur le monument aux morts de la commune de Saint-Germain-du-Puch où il passa son enfance. Une école à Saint-Germain et une rue de Bordeaux rendent hommage à la mémoire de cet emblématique résistant.
Une enfance bordelaise
Fils du consul général du Nicaragua, Jean Renaud-Dandicolle naît à Bordeaux le 8 Novembre 1923 et grandit au château du Grand Puch, propriété de ses parents. Il effectue ses études au lycée Longchamps à Bordeaux (aujourd’hui lycée Montesquieu) puis à la faculté de Droit dans l’intention de devenir avocat. Tout de suite très affecté par la défaite et l’invasion de la France par les troupes allemandes, il s’engage dans la résistance en rejoignant le groupe « Jade ». En 1942 il fait partie du réseau « Granclément » et rencontre le groupe « Buckmaster » dirigé en Gironde par Jean de Baissac.
Un grand résistant, une dangereuse aventure
Nommé sous-lieutenant des services de la France Libre, il va, en prenant de nombreux risques, renseigner le quartier général français à Londres. Suite à une dénonciation, il doit quitter Bordeaux pour Paris puis pour Londres où il prend un pseudonyme et devient le lieutenant John Danby.
Parachuté en France sous le nom de guerre de « René », avec mission de créer un maquis pour effectuer des opérations dangereuses. Sur le plateau de Saint-Clair (Calvados) les cultivateurs Georges et Eugénie Grosclaude mettent leur ferme à sa disposition, il y installera son quartier général.
Le 5 Juin 1944, apprenant l’imminence du débarquement, « René » entre dans l’action combattante, fait sauter les ponts, sabote les voies ferrées et renseigne Londres sur les positions des lignes allemandes et les mouvements des convois.
Le 8 juillet 1944, à 6 heures du matin, alors que plusieurs membres importants du maquis ont passé la nuit à la ferme et que Georges et Eugénie Grosclaude partent aux champs, le bâtiment est assiégé par des soldats allemands. La fuite est impossible, le combat inégal, les résistants sont abattus sur place, alors que Jean Renaud-Dandicolle, Georges et Eugénie Grosclaude, capturés, sont emmenés et achevés « on ne sait où », aucune trace d’eux ne sera jamais retrouvée. Les Allemands mettent le feu à la ferme.
- Jean Renaud-Dandicolle
Les honneurs posthumes
A titre posthume, le 4 décembre 1944, en présence des parents, le roi George d’Angleterre remet au lieutenant John Danby (son pseudonyme de résistant en Angleterre) la Military Cross pour « actes de bravoure exceptionnels ».
En 1946, les anciens résistants, regroupés en une Association du Souvenir du maquis de Saint Clair, ouvrent une souscription pour un monument à la mémoire des victimes. Le 6 juillet 1947, lors de la cérémonie d’inauguration, Jean Renaud-Dandicolle est fait Chevalier de la Légion d’honneur et reçoit la croix de guerre avec palme.
Honneur mille fois mérité pour ce bordelais, combattant acharné et courageux, emblématique résistant, disparu à l’âge de 21 ans.

Ecrit par Dominique Mirassou
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