Bordeaux

Nouvel an : « Ce soir nous serons une trentaine », la lassitude des jeunes face à une année d’angoisse

Malgré les interdits gouvernementaux, les jeunes souhaitent se débarrasser de l’angoisse de 2020 en célébrant, parfois en grand comité, la nouvelle année.

« Ce soir, nous serons une trentaine » confesse Diane, étudiante à Bordeaux. Ses amis et elle ont choisi, pour le nouvel an, d’ignorer les restrictions gouvernementales selon lesquelles les rassemblements privés ne peuvent excéder six personnes. Le groupe se réunit dans une maison de campagne. La Bordelaise vit chez ses parents, elle souhaite donc prendre des précautions et se confinera dès le 1er janvier dans un appartement de sa famille. Habituellement, ses amis et elle évitent de se réunir en aussi grand nombre, mais « le nouvel an, pour nous, c’est en quelque sorte vouloir tourner la page sur une année qui a été si compliquée, on veut le célébrer ensemble. » « Je sais bien que ce n’est pas la plus responsable ni la plus raisonnable des choses à faire, c’est un peu égoïste de notre part » avoue Diane, « mais on est tellement lassé de la situation. » Depuis le confinement de mars, les étudiants suivent en majorité les cours en distanciel. « Ne plus aller à la fac, c’est se retrouver toute la journée seule devant son écran. C’est ne plus voir ses amis au quotidien, ne plus sortir, ne plus faire de sport en club. Tu réfléchis à ta vie, tu te démoralises et puis tu tombes dans un cercle très négatif. » Regrette-t-elle, « C’était censé être l’une des plus belles périodes de notre vie, la vingtaine. » Dans une interview pour France Info, Michel Deneken le président de l’université de Strasbourg expliquait à propos des étudiants : « Tous les indicateurs au niveau national et international sont au rouge pour la santé mentale. Je crois qu’à terme, ça tuera plus que le virus ».

Ambiance d’une autre époque

Alors, d’après Diane, le nouvel an représente, certes, une entorse aux mesures actuelles, mais surtout, une soirée durant laquelle elle pourra se défaire en partie de l’angoisse de l’année. Julien, vingt ans, comprend ce choix, même s’il ne l’approuve pas « Les jeunes en ont marre. On est à un âge où on est censé être toujours en activité, dans la découverte de soi et des autres ». Lui, a préféré renoncer à sa soirée du nouvel an, afin de ne pas mettre en danger ses parents avec lesquels il vit. Mais la décision a, explique-t-il, était compliquée à prendre. Le jeune bordelais est en école préparatoire, en plus d’un cursus à la faculté de biologie. « Cette année était très chargée en travail. C’est compliqué psychologiquement, être tout le temps tout chez-soi, dès fois j’ai envie de tout arrêter. Alors, oui, tout lâcher pour le nouvel an, ça m’aurait fait un bien fou, il m’a été très dur de refuser la soirée que l’on me proposait, mais il y avait une vingtaine d’invités ». Pour Marie, étudiante en lettres, la pierre est trop souvent jetée aux jeunes. « Je pense qu’il faut relâcher la pression des épaules des étudiants, ils ont vécu une année isolée, seuls à un âge où l’on n’est pas censé l’être ». Ce soir, elle sera avec six amis dans un appartement. Elle compte bien, le temps de quelques heures, oublier les cours à distance, les examens, la solitude et espérer que l’année prochaine balaiera, ne serait-ce qu’un peu, l’angoisse de 2020.

Ecrit par Amandine Dargenton


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