Bordeaux
Ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux au début des années 1990, Roland Courbis est décédé le lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans, selon plusieurs médias nationaux. À Bordeaux, son passage sur le banc reste associé à une période de construction sportive, marquée par un collectif structuré et l’intégration de jeunes joueurs devenus emblématiques de l’histoire du club.
Une figure reconnue du football français
Né à Marseille le 12 août 1953, Roland Courbis s’est d’abord construit une carrière de joueur professionnel en tant que défenseur central. Formé à l’Olympique de Marseille, il évolue ensuite sous les couleurs de plusieurs clubs de premier plan, dont l’AS Monaco, avec laquelle il remporte deux titres de champion de France, ainsi que Sochaux ou Toulon.
Après avoir raccroché les crampons au milieu des années 1980, Courbis entame une reconversion rapide vers les bancs de touche. Il s’impose progressivement comme un entraîneur à la personnalité affirmée, apprécié pour sa lecture du jeu, son sens de l’organisation collective et une gestion humaine directe, parfois clivante, mais rarement indifférente.
Aux Girondins, une identité sportive en construction
Lorsque Roland Courbis arrive à Bordeaux au début des années 1990, les Girondins évoluent dans un championnat de Ligue 1 particulièrement relevé. Le club cherche alors à consolider sa place parmi les équipes solides du haut de tableau, sans disposer des moyens financiers des plus grandes puissances européennes.
Dans ce contexte, Courbis met en place une équipe structurée, fondée sur l’équilibre entre rigueur défensive et créativité offensive. Son Bordeaux privilégie le collectif, l’engagement et la progression dans la durée. Sans révolution tactique spectaculaire, il s’inscrit dans une continuité propre à l’identité girondine, faite de stabilité et de confiance accordée au travail.
Ses deux passages sur le banc (1992-1994 puis 1996-1997) permettent au club de rester compétitif et de préparer l’avenir, dans une période charnière précédant d’autres cycles plus fastes.
Miser sur les talents émergents, dont Zinédine Zidane
Parmi les décisions les plus marquantes de Roland Courbis à Bordeaux figure l’intégration de Zinédine Zidane, recruté à l’été 1992 en provenance de Cannes. À son arrivée en Gironde, le milieu offensif est encore peu connu du grand public, mais déjà identifié comme un joueur à fort potentiel technique.
Courbis valide son recrutement et lui accorde progressivement du temps de jeu en Ligue 1. Dans un cadre collectif structuré, Zidane affine son jeu, gagne en régularité et s’impose peu à peu comme un élément central de l’animation offensive bordelaise. Cette période constitue une étape déterminante dans son développement, bien avant son accession au statut de joueur international majeur.
Ce choix illustre l’approche du technicien : identifier des profils prometteurs, leur offrir un environnement stable et accepter le temps nécessaire à leur maturation.
Christophe Dugarry, l’autre trajectoire emblématique
Autre symbole de cette politique de confiance accordée aux jeunes joueurs : l’émergence de Christophe Dugarry, formé au club. Sous Roland Courbis, l’attaquant effectue ses premiers pas en équipe première au début des années 1990.
Sans brûler les étapes, Dugarry découvre les exigences du haut niveau dans un collectif structuré, alternant titularisations et apparitions progressives. Comme Zidane, il bénéficie d’un cadre exigeant mais protecteur, favorisant son apprentissage. Cette phase bordelaise pose les bases d’un parcours qui le mènera ensuite vers les sommets du football français et international.
Ces deux trajectoires, différentes mais complémentaires, illustrent le rôle joué par Courbis dans la transition du club à cette époque.
Une carrière d’entraîneur dense et une voix médiatique reconnue
Au-delà de Bordeaux, Roland Courbis a dirigé de nombreux clubs en France, parmi lesquels Marseille, Montpellier, Lens ou Toulouse, ainsi que des équipes à l’étranger. Il se forge une réputation d’entraîneur capable de stabiliser des effectifs et de gérer des contextes complexes, parfois sous pression.
Après ses dernières expériences sur le banc, il devient une voix incontournable du paysage médiatique, notamment à la radio RMC, où son franc-parler et son expérience du terrain nourrissent les débats footballistiques pendant de nombreuses années.
Une empreinte durable à Bordeaux
Aux Girondins de Bordeaux, Roland Courbis ne laisse pas un palmarès spectaculaire, mais une empreinte réelle. Son travail s’inscrit dans une phase de consolidation du club, marquée par la structuration du collectif et l’accompagnement de joueurs appelés à marquer l’histoire du football français.
Pour Bordeaux, il reste associé à une période charnière, où la stabilité sportive et la confiance accordée aux talents ont permis de préparer l’avenir. Une contribution mesurée, mais durable, à l’histoire du club au scapulaire.
Une mémoire qui résonne avec le présent du club
La disparition de Roland Courbis intervient alors que les Girondins de Bordeaux traversent l’une des périodes les plus délicates de leur histoire récente. Fragilisé sportivement et institutionnellement, le club cherche aujourd’hui à se reconstruire, à retrouver des repères et une identité durable.
Dans ce contexte, le souvenir de certaines périodes passées, comme celle du début des années 1990, rappelle qu’au-delà des résultats immédiats, la stabilité, la structuration collective et la confiance accordée au travail constituent souvent les fondations des cycles plus solides. Sans idéalisation ni nostalgie excessive, l’héritage laissé par des entraîneurs comme Courbis renvoie à une époque où Bordeaux préparait l’avenir en s’appuyant sur le temps long et la formation, des principes qui résonnent fortement avec les défis actuels du club.

Ecrit par La rédaction
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